15 juillet 2008
Le PCLL et le shopping
Bon sang, dire que y'a encore des lecteurs incultes qui ne sont pas assez assidus à mon blog et qui ignorent ce que signifie le PCLL. Petit rappel donc : Parti du Cheveu Long et Libre. Ca, c'est fait.
Oui, mes cheveux en plus de parler font aussi les courses.
Lorsque je monte au 2e étage du Monop et que je me dirige vers le rayon shampooing un long silence se fait sur ma tête. Ca fait du bien quand ils ferment leur gueule, je ne vous le cache pas.
J'arrive donc devant les 156789 bouteilles de shampooing et là, c'est une intense concentration capillaire qui commence. Ils débattent, réfléchissent, commentent. Durant ce moment, je les laisse totalement maîtres de la situation. C'est eux qui décident. Hors de question que je choisisse moi-même sous peine de calvitie immédiate.
Voici donc le PCLL observant toutes les marques :
_ Ah non, pas Herbale essance ! Putain, on s'est trop fait avoir la dernière fois. Ils l'ont pas mis sur leur bouteille toute moche que ça irritait le cuir chevelu cette merde. Ouhhhhhhhhhhhhhhh ! Aux chiottes Herbale.
_Pfff L'auréale ! Au feu, au feu, au feu ! On l'achète pas car il ne nous vaut pas ! Quand on a cette substance sur la tête on a l'impression que c'est un gros paquet de graisse. Ca lave rien du tout. T'es bon pour laver la tête tous les jours et ça, nous, le PCLL, refusons. Ca nous abîme, on n'aime pas.
Ah au fait, faut que je parle à la grognasse là (la grognasse c'est moi).
Hè triple gourde ? T'aimes bien acheter ton beurre corporel à Body Chope ? Ouais, c'est trop éthique, ils précisent bien que leurs produits sont pas testés sur les animaux ! Tu sauves la planète en déboursant une fortune pour cette crème hydratante. Que t'es con. Je te rappelle que ces magasins appartiennent à L'auréale et eux, ils précisent pas du tout qu'ils font pas des saloperies à des bêtes innocentes. Enfin, t'es conne mais ça on le savait déjà. Ceci étant dit, reprenons. On en était où ?
_ Ah, Dope ! On n'est plus des bébés. En plus, c'est à la vanille ou aux fruits. Berk, ça donne trop envie de vomir. Non. Passons !
_ Niwéa. Alors, ok, leurs gels douches sont sympas. Ils sentent bons, font une douce peau. Mais leur shampooing, un ramassis de produit vaisselle ! Ca ne lave pas. Grande déception quand même. On y croyait nous à leur efficacité. Ah, c'est pathétique autant d'incompétence.
_ Dauve ! Ah on veut même pas le regarder cet ersatz de shampooing. Alors, déjà que le gel douche il est pas terrible parce que, quoiqu'en dise la pub bah il dessèche la peau mais le shampooing c'est limite drôle qu'il ose s'appeler shampooing. A chier !
_ Oh non, surtout pas ça ! On passe dans les trucs 2 en 1. Shampooing + gel douche. Une honte ma pauvre dame. Le PCLL s'insurge ! Croire que l'on peut laver des cheveux comme on lave la peau. C'est scandaleux. C'est comme si on nous comparait à de vulgaires poils ! Sortez les banderoles du parti. On va manifester notre indignation. Non aux 2 en 1 ! C'est que du shampooing sinon rien !
Pourquoi pas le 3 en 1 aussi. Shampooing + gel douche + dentifrice ?!
_ Bon, Pantaine pro vé, ça reste encore notre chouchou. Déjà, y'a le mot pro et c'est vrai qu'il connaît son boulot. Non, vraiment, on l'aime bien lui. Il lave bien, il a une odeur très discrète et surtout, surtout, il sait nous parler. "Lisse et soyeux". Et ouais, nous, nous sommes aussi agréables que de la soie. La classe. Allez, y'a pas à tortiller du bulbe 40 ans, on va rester fidèles.
Attends, je vais dire à l'autre gourdasse qu'elle n'oublie pas l'après-shampooing qui va avec. Faut tout lui dire à celle là. Elle est fatigante. Faut vraiment qu'on pense à déménager.
Je vous l'accorde, les courses avec mes cheveux ne sont pas faciles. Surtout qu'après l'achat, ils sont excités et veulent absolument passer à la douche immédiatement même si ce n'est pas le jour. Bien entendu, je tente de résister mais quand ils me menacent d'appeler un pigeon pour qu'il se soulage sur moi, je capitule rapidement. Oui, mes cheveux sont les arrière petits enfants de ceux qui étaient sur la tête de Staline. Ceci explique donc cela.
12 juillet 2008
Une fois n'est pas coutume
Je critique, je critique, c'est facile. Alors, pour changer, je vous informe que contrairement à Nana et leur pub de merde, Nett se défend beaucoup mieux et j'en conclue que leurs tampons sont moins cons que les serviettes Nana grâce à qui t'es censée découvrir l'amour !
Voici le lien vers leur campagne de pub.
J'ai vu ça hier et j'ai bien ri. C'est pas mal foutu du tout. Ca change de la pub où on te présente un tampax dans toute se longueur et une pauvre fille qui a trop peur de le mettre. Là, au moins, c'est dynamique et en plus ça met les bons mots dessus, pour une fois.
Alors, saluons l'audace. En plus, je vais t'apprendre quelque chose sur moi. Attention, t'es ready ? (ouais, t'as vu, j'ai foutu un mot d'anglais dans mon post). Je n'aime pas les tampax avec applicateur. Je préfère le manuel. Et là, là dans la pub de Nett, c'est trop la gloire pour les tampons sans applicateur. Vive eux. Ils précisent bien que t'as des doigts, 10 exactement et que c'est pas fait pour les chiens. Je dis bravo.
De plus, pour une fois, y'a un petit "bonus" où tu vois comment la pub est préparée. C'est sympa. Tu verras ainsi que dans la pub où y'a 2 meufs qui ont des boîtes sur la gueule bah pour l'une ils lui ont mis des livres pour qu'elle soit de la même hauteur que l'autre. J'ai trouvé ça très drôle et puis pour 1 fois qu'on te montre que non, le monde de la pub n'est pas parfait et que du coup des fois faut tricher 1 peu ça mérite d'être signalé.
Voilà. Comme quoi, parfois, y'a des pubs qui méritent d'être vues. De là à dire que désormais je vais acheter des tampons Nett...je sais pas.
A la personne qui a fait cette pub et à ses assistantes (oui, car y'a toujours des assistantes de l'ombre qui font pas mal de boulot) je vous félicite pour votre audace et votre créativité. Je tiens à préciser qu'un compliment de moi, femme parfaite, c'est pas rien.
08 juillet 2008
Fierté
De qui ? De quoi ?
De ma femme ou dit autrement de Petit Poulpe. Elle travaille cette semaine, vers Poitiers. Elle est en séjour avec des mioches. Elle est animatrice et va me revenir avec des chansons et des expressions pour les bipèdes de moins de 6 ans d'âge mental. Ô joie ! Remarquez, comme ça, ce sera à mon niveau. Mais ce n'est pas pour son job d'été que je suis fière d'elle. Du tout.
Figurez-vous qu'étant donné qu'elle est loin et n'a pas accès à Internet, elle m'a demandé d'aller voir ses résultats de partiels. J'appréhendais un peu, je dois l'avouer. Si elle avait échoué, comment lui dire, quels mots prononcer ? Heureusement, j'ai pu l'appeler pour lui annoncer une bonne nouvelle.
Pourquoi suis-je si fière ? Parce que c'était pas gagné. Le 1e semestre n'a pas été très brillant. Je me disais donc (et elle aussi) que pour qu'elle passe en 3e année du 1e coup ce serait pas facile. Mais elle l'a fait. Elle a rattrapé ses points de retard.
Alors, vous me connaissez, je suis très encourageante comme fille. Je lui ai dit "ouais, c'est moi. T'as eu ton année mais bon de justesse. T'as intérêt à bosser plus l'année prochaine". Oui, oui, elle a énormément de chance de m'avoir, je ne vous le fais pas dire. Ah ? Vous le dîtes pas ? Je comprends pas pourquoi.
Elle a rien dit ma chérie. Elle a juste fait oui, oui et a ajouté "maintenant, j'arrête de me bouffer les ongles". Oui, ça c'est elle qui, un jour, m'a annoncé "si j'ai mes examens du 1e coup, je me mange plus les ongles." Manger est un mot faible dans son cas. Disons qu'elle tente de s'auto-amputer.
Je tiens à préciser que ce qui m'énervait dans l'idée qu'elle rate ses examens c'est qu'elle aime la psycho, qu'elle est attentive aux cours, qu'elle est motivée, qu'elle retient tout ce qu'on lui dit, bref elle assure. Mais quand j'ai vu qu'elle s'y prenait au dernier moment au 1e semestre pour réviser et que, forcément, elle se trouvait un submergée bah je trouvais ça bête. Que tu aies du mal avec certaines matières, que t'y arrives pas, je comprends. Mais que tu aies des capacités et que tu ne les exploites pas je trouve ça dommage. Force est de constater que le 2e semestre a été studieux et que cela n'a pas servi à rien.
C'est ça que j'aime chez Laëti. Elle sait gérer ce genre de pression. Elle oublie l'échec et fait en sorte d'y arriver même si c'est plus dur. Elle sait se surpasser sans se décourager. Ah, je l'aime. Merde, qu'est-ce qui m'arrive ? Ginette, ressaisie-toi !
Pour fêter ça j'avais pensé mettre une photo d'elle à poil. Ouais, je suis tellement heureuse que je voulais vous faire profiter un peu. Mais bon, si vous voyez ma femme nue, je suis ensuite dans l'obligation de vous arracher les yeux et de les écraser avec mes pieds. Oui, comme dans Kill Bill, c'est ça. Cette scène m'a fait énormément rire tellement elle était dégueulasse. Limite, si des fois je fantasme pas...
Pardon ? Je peux mettre une photo de moi à poil pour fêter ça ? J'aurais aimé, vraiment. Si, si, je vous assure. Mais j'ai pas envie, c'est con.
02 juillet 2008
Mes vacances
C'est la grande question du moment au boulot. Avant c'était tu fais quoi ce week-end. Maintenant tout le monde parle de ses projets d'été. Moi ça me fait chier. Je n'ai envie de dire ces choses qu'à mes collègues-amis et pas à mes collègues tout court qui s'en foutent de tes vacances mais te posent la question uniquement pour parler de leurs vacances à eux : "Moi je vais en Guadeloupe puis en Corse puis en Suisse. Ca va être crevant !" C'est ça, plains toi connard ! Moi je vais à l'île d'Ouessant. Ouais. Une semaine. C'est tout. Bon, j'ai pris 3 semaines, faut pas déconner non plus. Ca fait 1 an que j'ai pas pris de vacances et j'en ai besoin. Donc quand je dis ça, certains s'exclament : "tu pars qu'UNE semaine". Mais je t'emmerde ! Tu peux me passer un peu de ton gros salaire alors que t'es un abruti d'incompétent et comme ça je vais pouvoir faire le tour du monde en 3 semaines.
L'île d'Ouessant, je connais pas. Mais j'ai hâte d'y être. Pas de voiture, très peu de touristes. Des moutons, la mer, des rochers. Je vais pouvoir tout oublier. Enfin, à tous les coups il va pleuvoir...c'est pas grave. Avec Petit Poulpe on a prévu le jeu de cartes et on ira se promener même si y'a un ouragan. T'as compris Petit Poulpe ? Même s'il fait -20°, dehors nous serons.
Ah oui, je pars avec Petit Poulpe. En amoureuses. Une semaine que toutes les 2. C'est la 1e fois. Si ça se trouve en revenant on sera plus ensemble. L'une des 2 aura été jetée à la mer. On sait pas. Enfin, je pense pas quand même. Par contre, on se fera sûrement la gueule au moins 5mn tous les 2 jours. Puis, on va négocier tous les jours pour savoir qui fait quoi, où on va...Ca va être drôle je crois. Une semaine à dormir tous les soirs contre ma femme, sentir sa chaleur, ses bisous du matin dans mon dos...je ne vais pas m'en lasser de ceux-là.
Sinon, mon père se fait opérer le 22 juillet. Je devais aller 2 jours à Dijon voir une amie avec Naboo mais j'ai préféré annuler. J'espère que tout ira bien mais vu que Père se fait opérer loin de chez lui, je crois que ma mère aura besoin de moi à la maison. Elle n'a jamais dormi seule la nuit dans la maison. Et je sais qu'elle aurait peur. Alors, on va éviter de la fatiguer un peu plus et on va être là histoire aussi de se changer les idées ensemble.
Bien entendu, étant donné que je suis machiavélique, quand mon père rentrera à la maison en forme car il ne doit pas en être autrement, je vais le faire culpabiliser sur ces quelques jours de dépaysement avortés à cause de lui. Oui, je suis une fille méchante et oui mon père adore que je le fasse chier.
Donc, en gros, mes vacances se feront majoritairement entre Paris et mes parents et une dernière semaine à Ouessant. Pas très exotique tout ça mais je dois vous avouer que la seule chose qui compte pour que mes vacances soient réussies c'est que l'opération de Père se passe bien et qu'il aille mieux.
30 juin 2008
Ouvre bien tes écoutilles
Alors, j'étais un peu sceptique par rapport à son nouvel album. Mais, finalement, je ne suis pas déçue.
T'as remarqué comme j'aime bien ne pas te filer le nom de l'artiste tout de suite et te faire attendre. Je t'énerve ? J'en suis heureuse.
De qui je parle ? Tu sais pas. Tu peux pas savoir. Non, tu peux pas deviner. Je me mets en mode "gosse de 4 ans" : y'a que moi qui sait ! Je peux être très chiante quand je veux.
Bon, je parle de Camille. Voilà, c'est bon, j'arrête de jouer.
Donc, je disais que je me méfiais de ce nouvel album car déjà il est en anglais. Ouhhhhhhhhhhhhhhhhh. J'aime pas l'anglais. Et j'aime encore moins les artistes français qui chantent en anglais. Tiens, là, l'autre Carla elle a essayé et elle a échoué. Ahahahahahah rigolons ensemble !
Seulement, Camille, c'est pas Carla. Naboo (fournisseuse officielle de musique) m'a expliqué que c'était très gospel ses musiques et qu'en français, ça rend pas terrible. Et elle a pas tort.
Camille et ses chansons, une grande histoire. Du talent et je peux même aller jusqu'à dire du génie. Elle est douée. Y'a pas à tergiverser 158 ans.
Tu peux acheter son album. Vas-y, je valide.
Samedi matin, je l'écoutais pour la 1e fois. Je partais de chez moi, je marchais et d'un coup, dans mes oreilles la chanson "the monk" me submerge. J'ai cru que j'allais en pleurer. Y'a pas de parole. Mais la voix et la musique et les sons. Ca m'a atteint. J'étais émue. Ca m'a pris, j'ai tout oublié, j'entendais tout ça et c'était trop. Trop bien, trop beau, trop parfait.
Limite si j'étais pas en train de subir le syndrome de Stendhal. Stendhal, quand il est allé en Italie, à Florence pour être précise et dans une église pour être exacte, il a été pris de vertiges devant tant de beautés artistiques. Moi, quand on m'a raconté ce truc au lycée je me suis bien marrée. Etre "malade" parce que ce que tu contemples c'est trop beau, ça m'a paru totalement con ! Je crois que maintenant, grâce à Camille, je peux comprendre un peu de quoi il retourne.
26 juin 2008
La connerie n'a pas d'âge...
...tout comme elle n'a pas de sexe, ni d'origine, ni de religion.
Vous aviez remarqué vous aussi ?! J'en suis bien aise.
Pourquoi cette grande observation ? Le récit le voici :
Ce matin, j'allais au travail. Sur le trottoir, une vieille tombe. Elle avait au moins 80 ans. Je me précipite pour l'aider. A cet instant, j'ai pensé à ma Mamie qui est souvent tombée dans la rue sans que personne ne l'aide. Le monde est cruel et ça, vous le saviez déjà aussi.
Donc, je tente de la relever en m'assurant qu'elle n'a rien de cassé. Mais, malgré ma force légendaire, je n'y arrive pas. Faut dire qu'elle y met pas trop du sien non plus. Un inconnu passe. Je lui demande de m'aider mais il arrivait déjà de lui-même pour me porter secours. Enfin surtout à la vieille en fait. L'inconnu arrive à la relever et là, la veille me dit : "vous pouvez me prendre mon sac car lui, il a une sale gueule de Juif".
Mon cerveau décrypte ces mots. Je regarde l'inconnu qui me regarde aussi. Ce regard, je l'oublierai jamais. Notre long silence qui parle énormément pourtant. Il tient toujours la vieille dans ses bras. Je n'ai pas l'envie de débattre avec elle sur sa remarque antisémite. Je ramasse le sac. Je le donne à la veille. Elle me dit, à moi, merci. Aucun regard pour lui. Cependant, il lui demande : "ça va aller Madame ? " Elle me répond, à moi, "oui, oui, tout va bien" et elle part. Aurais-je dû lui dire qu'elle était conne ? La seule chose qui a traversé mon cerveau c'est qu'elle était vieille. Et m'engueuler avec elle, je ne trouvais pas ça spécialement plus honorable que ses préjugés.
Nous restons, lui et moi à la suivre des yeux. Il me dit : "en plus, je ne suis même pas Juif mais ça fait quand même mal d'entendre ça". Je lui réponds que c'est triste aussi.
Nous nous quittons avec un sourire pas très joyeux. J'y ai pensé toute la journée à cet instant de merde.
Y'a des cons vraiment partout et de tout âge. Ils te surprennent au moment où tu t'y attends le moins. Dans des situations comme ça, je déteste le monde entier et je me répète encore un peu plus fort que non, jamais, je n'aurais d'enfant. Je ne veux pas qu'ils entendent des trucs de ce genre. Ca brise le coeur, le consume, le durcit.
23 juin 2008
Instruisez-vous
…grâce à moi. Alors, ce week-end, il y avait des gens qui fêtaient la fête de la musique. Je ne citerai personne. Non, non. Seulement, je peux vous dire que je n’y étais pas. J’ai délaissé mes amis pour partir à la campagne. Loin de toute la foule venue battre le pavé au rythme des percussions. Je n’aime pas la fête de la musique. Je boycotte donc. En fait, je n’aime aucune grande manifestation nationale se situant à Paris.
Donc, de mon amour ou non concernant la fête de la musique, on s’en fout. Je vous l’accorde. Ce n’est pas de cela dont je veux vous instruire.
Mon week-end à la campagne fut marqué par une rencontre inoubliable. Alors que je faisais le tour de la propriété en tongs, accompagnée de Mère et de mon chien plus que parfait, pour admirer plantes et fleurs et commenter leur croissance et floraison, Mère pointa un doigt rageur en direction des lys.
Ah, comment dire…ils font un peu la gueule. Ils n’ont plus de feuille. Aucune. Que la tige dénudée et la fleur. Que s’est-il passé ? Mère m’explique. Ce sont des insectes qui lui ont tout bouffé ! Les salauds ! Elle ajoute « en plus ils crient ». Là, je ne dis rien. Mon cerveau cherche à quoi Mère fait allusion. Pourquoi parle-t-elle de cri ? Je ne vois pas, j’ai peut-être mal compris…Je l’interroge. Réponse : « bah les insectes, ils crient ! » Alors, mon père a des problèmes d’artères, ma mère a-t-elle des ennuis psychologiques ? Voyant mon sourcil levé et ma mine inquiète, ma mère précise « je ne suis pas folle ! C’est ton frère qui m’a montré ça l’autre jour. T’en prends un dans ta main, tu l’approches de ton oreille et tu verras ».
Transformation. Toi, lecteur, imagine dans ta tête moi en train de t’expliquer la suite avec les vêtements de la naturaliste professionnelle : petit chapeau, petite chemise et petit bermuda beige avec en plus sandalettes en cuir marron et chaussettes blanches. Ca t’excite et je te comprends. Non, en fait c’est juste pour te mettre en situation parce que j’étais en pantacourt jean et en débardeur marron et en tongs marocaines. Mais ça fait pas naturaliste alors c’est nul.
Donc, je pars immédiatement à la recherche de la bête en question. Je le trouve assez facilement puisqu’il est rouge. Bien. Je tente d’en prendre un. Ce connard se laisse tomber. J’apprendrai plus tard que c’est sa technique pour éviter de se faire bouffer. Pas grave, y’en a un autre. J’arrive à le saisir. Je l’enferme dans ma main, l’approche de mon oreille et là, c’est la stupéfaction. Il crie. Un petit cri aigu, répétitif, sorte de « hi ». C’est trop chou. Entendre cette petite chose ridicule de quelques millimètres gueuler son mécontentement ça me laisse sans voix. Ce sont les joies et les surprises de la nature.
Cessons de parler désormais, voici la bête et son nom : le criocère des lys car il bouffe les lys ! Sinon, son emploi du temps se divise en 2 choses : baiser et bouffer.
Je l’aime cet insecte même s’il est pas très beau. Il entre donc dans mon top 3 après l’abeille et la fourmi.
Notez que si vous êtes célibataire je pense que la connaissance de cet insecte peut être une arme fatale de drague. Du genre, à la place de la question « est-ce que tu baises ? » vous pouvez dire « savais-tu qu’il existe un insecte qui crie ? » Là, sortez de votre poche au lieu d’un préservatif un criocère. Je suis sûre qu’avec ça vous faites tomber les filles. Le tout est d’avoir un élevage chez soi et des lys pour les nourrir.
Pardon ? Heureusement que je suis plus célibataire sinon je ne serais pas prête de mettre une femme dans mon lit ? Hmm…je crois que vous n’avez pas tort.
19 juin 2008
Maligne je suis...
...mais ça vous l'aviez déjà deviné, n'est-il pas ?
Pourquoi je m'auto-congratule. Explications.
Ce matin, j'arrive au bureau. J'ouvre mon ordi, me prends un café, je téléphone, je réponds aux mails. Comme d'habitude. Rien d'exceptionnel ni d'excitant.
Là, une collègue arrive dans mon bureau et me dit qu'il y a un monsieur qui cherche à me joindre. Ca me fait une belle jambe, je pense. Il me rappellera. Elle ajoute que ça fait 3 fois en 15mn. Là, ça vire à l'obsession. Qu'y-a-t-il de si urgent ? Je ne vois pas. J'arrête mes réflexions intérieures. La collègue continue : « les 2 premières fois t'étais pas arrivée. La troisième t'étais en ligne. Il a pas voulu me laisser son nom ». Quel con ! je me dis. « Je peux juste te dire qu'il est pas aimable, qu'il a l'air vieux et que son n° commence par 05 ».
Mon cerveau lance très vite sa recherche Gougueule personnalisée. Quel vieux con habitant dans le sud pourrait me harceler ainsi ? La réponse est immédiatement trouvée. Je sais quel auteur se cache derrière ces appels. Je souris. Ma stratégie est en place.
La dernière fois que je l'ai au téléphone, il m'a engueulé comme une merde et je ne sais toujours pas pourquoi...On va faire en sorte que ça ne se reproduise pas.
Il doit vouloir me répondre suite à mon mail pour participer à un salon perdu quelque part en France.
Je toussote pour préparer ma voix professionnelle. Très important la voix au téléphone. Pour pas se faire engueuler faut qu'elle soit joviale et suave. Tout un programme.
Donc j'appelle.
« Bonjour M. Machin. Ginette des éditions trucs.
_ Oui ! Bonjour.
_ Je vous appelle suite à mon mail que...
_...oui ! Justement j'ai cherché à vous joindre.
_ Ah ! Les grands esprits se rencontrent ! (notez bien, je déteste cette expression toute faite mais elle m’a bien été utile cette fois)
_ Ahahahahahahahah oui tout à fait (c'est ça connard, rigole ! Tu sais pas que je suis une petite futée et que j'ai deviné que c'était toi le vieux con obsessionnel du téléphone).
Bon, je vous passe le reste de la conversation totalement inintéressante.
Vous ne vous imaginez pas comme je me gaussais à l'intérieur de moi-même de cette situation. Je me suis trouvée remarquable sur ce coup-là. En fait, je me trouve toujours remarquable puisque, je ne le répèterai jamais assez, je suis une connasse prétentieuse et imbue de moi-même.
17 juin 2008
Après les cheveux...
...voici les poils !
Je ne suis pas poilue. C'est comme ça. Cela me permet d'éviter de souffrir avec la cire. Je reste au rasoir. Ma peau est douce et les quelques poils disparaissent très vite. Tout ça sans douleur, dans la contemplation de moi-même pendant que je m'applique à ne pas m'ouvrir les veines. Y'a des ratés, bien entendu, surtout quand le rasoir est neuf.
Bien. On n'est pas là pour parler épilation. Non, non, j'insiste. Mais de quoi parle-t-on alors ? Attends, merde ! Voici l'histoire de ma vie.
Une fois, une chose étonnante est apparue. Juste sous le nombril. 3 poils. Oui, 3. Regroupés ensemble, au même endroit. Du jour au lendemain, ils étaient là. Ils ne se voyaient pas mais, attentive à mon corps, j'ai bien remarqué ces nouveaux colocataires. Un dilemme a préoccupé mon cerveau. Que vais-je faire d'eux ? Oui, car que je t'explique un peu mon hésitation quant à mon attitude vis-à-vis d'eux. C'est assez difficile à expliquer.
Certaines femmes ont un petit duvet de poils, qui ressemble à une douce ligne qui part du nombril au...attends que je trouve un truc poétique...au jardin des délices ou encore à la salle de jeux (quoi ? c'est pas de la poésie ça ?! Tu fais chier) bref au pubis pour ceux qui comprennent rien. J'ai souvent vu cette jolie ligne sur des brunes mais pas que. Et moi, je trouve ça charmant. Parfaitement. J'ai l'impression que ça me montre le chemin. J'aime bien. C'est ainsi. Attention, je parle d'un duvet de poils et d'une ligne très mince. Je suis pas attirée par les gorilles. Faut pas déconner.
Donc, moi avec mes 3 poils, je me suis demandée si c'était le début d'une grande lignée. J'ai attendu quelques jours pour voir. Ne voyant rien venir, je me suis dit que ça faisait quand même ridicule ces 3 pauvres poils perdus sur un ventre blanc et imberbe. Par acquis de conscience, j'ai demandé à ce trio pourquoi il était là. Ces 3 poils m'ont répondu qu'ils ne savaient pas où aller. Les jambes c'était trop classique, le reste c'était trop exotique. Alors ils se sont plantés là, pour qu'on les voit bien et en plus y'avait pas d'autres poils pour les faire chier.
Face à cette réponse, j'ai constaté que ces 3 poils étaient vraiment trop cons et associables. Du coup, ma décision fût irrévocable. Armée de ma pince à épiler, ils ont été enlevés malgré leurs cris de protestation.
1 fois par an, si, si, je t'assure seulement 1 fois par an, ils tentent une réapparition. Ils sont immédiatement éjectés de mon corps.
Je me demande bien pourquoi ces 3 poils sont arrivés là et pourquoi ils ne reviennent qu'une fois par an alors que d'autres c'est une fois tous les 2 jours. Ne vous en faites pas, l'année prochaine je leur demande et vous tiens au courant car je sais que cela vous intéresse grandement.
15 juin 2008
Mon papa à moi...
...est un gangster*. Enfin, non, c'est pas un gangster même s'il a tué un homme à l'insu de son plein gré. Nous ne parlerons pas de cet épisode douloureux de sa vie puisqu'il ne m'en a dit que quelques mots une fois, laissant voir un tout petit peu sa souffrance refoulée.
Mon papa à moi n'est pas parfait. Il est lunatique et dit pas mal de conneries quand il boit car il ne supporte pas très bien l'alcool. Il nous est arrivé lui et moi de nous engueuler magistralement. Bien qu'ayant 3 fils, je crois que c'est moi, sa fille, qui lui a le plus tenu tête. Privilège de petite dernière désirée énormément par son père qui a incité sa femme à me créer. Remercions-le. Un peu plus, moi, femme parfaite, je ne serais pas de ce monde.
Donc, papa n'était pas un enfant parfait non plus. Ma grand-mère a vécu un véritable calvaire avec lui et est allée le chercher plusieurs fois chez les flics. Lui et les conneries ça le connaissait. Il était beau et avait beaucoup de meufs. Il rencontra ma mère. Elle tomba enceinte au bout de 4 mois. Le laissa libre de son choix quant à l'enfant en lui disant seulement qu'elle le garderait avec ou sans lui. Père, voyant bien, la perle qu'était ma mère, alla larguer une de ses meufs et rattrapa ma mère in extremis à la porte du métro. Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants (4 c'est pas mal).
Papa n'est pas un mari parfait. Non. Issu de l'ancienne génération, élevé par une mère qui refusait que ses enfants l'aident, il n'a jamais envisagé aider ma mère dans ses tâches ménagères. Faut dire aussi qu'il n'en avait pas trop le temps puisqu'il travaillait loin. Possédant un caractère de merde, il déversait de temps en temps toute sa rancune et sa mauvaise humeur sur sa femme qui ne disait mot car elle était lasse, fatiguée et avait compris qu'en fermant sa gueule il se fatiguerait bien vite de la faire chier.
Mon papa, je dois l'avouer, je le déteste dans ces moments là. Et très vite, quand j'ai su manier assez bien le français, je me faisais la voix de ma mère. C'était chaud bouillant des fois. Mais, je pense sincèrement que cela a tissé des liens secrets. Nous nous sommes mesurés l'un à l'autre et nous nous sommes aussi vus à travers l'autre. Le côté sombre. La part mauvaise. Les mots insensés qui dépassent la pensée.
Seulement, papa n'est pas souvent comme ça. Heureusement. La plupart du temps, il ne parle pas beaucoup, est assez renfermé sur lui-même, pose des questions sans écouter les réponses. Souvent, quand il parle de ma mère, on voit encore ses yeux briller d'amour et souvent aussi il dit à ses enfants "vous avez vu la maman que je vous ai trouvé. Vous en avez de la chance". Et c'est vrai. Il a pas épousé n'importe quelle femme, il a tapé dans le haut de gamme, pour notre plus grand bonheur.
Pourtant, maman elle en a marre des fois. Quand j'avais 20 ans, elle m'a dit qu'elle voulait divorcer. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps et de rage, je suis partie dans le jardin. Un seau était là, je l'ai fracassé contre le sol et il a explosé en mille morceaux. Devant ma fureur et ma peine, mère n'a plus jamais parlé de divorce mais encore aujourd'hui, elle me confie parfois que ce n'est pas facile de supporter père.
Alors, j'ai pas chialé car mes parents allaient divorcer. J'avais 20 ans et que mes parents soient séparés je pouvais gérer. Non, j'ai chialé car je savais que mon père sans ma mère n'est rien. L'équation est bien simple : PAPA - MAMAN = plus de papa. C'est une intime conviction. Même s'il lui montre mal et qu'il l'épuise, mon père aime ma mère comme un fou. C'est sa vie. Il n'était rien avant de la connaître et il ne sera rien sans elle.
Papa a été un bon papa. Il nous a éduqués, écoutés. Il voyait quand ses enfants étaient soucieux, nous recadrait quand nous tentions de devenir cons. C'est un papa pas très expressif mais qui observe et est très sensible. C'est lui qui m'a donné l'occasion de faire mon coming-out de la meilleure façon qu'il soit. C'est lui aussi qui nous a redonné à tous de la force quand nous traversions des moments délicats. Peu de mots mais ceux qu'il faut.
Si je parle de mon papa c'est pas parce que c'est la fête des pères. Non. Après avoir fumé pendant plus de 40 ans, 2 paquets par jour de gitanes sans filtre, son corps se rebelle. Il a donc arrêté de fumer du jour au lendemain depuis 3 mois. Je suis admirative, vraiment. Seulement, il ne va pas échapper à l'opération de la carotide. C'est assez urgent puisque l'infarctus et l'AVC le guettent de très près. Ses artères sont magnifiquement bouchées. Oui, il m'a rassurée : "c'est juste une anesthésie locale tu sais. Y'a qu'1% de risque, comme pour toutes les opérations et ensuite le chirurgien m'a dit que je serai un homme neuf". Ouais, ouais, c'est bon. J'ai pas peur. En fait, si. On peut pas s'empêcher de penser à ce 1% de risque. Y'a beaucoup de "et si" qui se chamboulent dans mon cerveau mais je me tais. Je le connais mon père, je vois bien qu'il flippe aussi. Il doit être opéré en juillet...c'est une attente assez insoutenable.
Enfin, mon père c'est quand même un monument, un peu vétuste certes, mais un monument quand même. C'est pas une petite opération qui va le faire chier. Non...mais si...faut que j'arrête d'y penser.
Je remercie mes amis de composer avec mon emploi du temps. Oui, car quasiment tous les week-ends, je pars chez mes parents. Du coup, ils organisent les soirées les vendredis soir ou me préviennent vachement à l'avance pour que je réserve mon week-end. C'est ainsi. Mes parents je les aime. Je sais que le temps passe vite et qu'un jour je devrai vivre sans eux. Mais je sais aussi ce qu'on ressent quand on perd quelqu'un qu'on aime subitement. Il ne reste que des regrets et cette petite phrase qui reste tout le temps au fond du ventre "si j'avais su, j'aurais plus profité de lui. J'aurais fait ça avec lui et je lui aurais dit ça...j'aurais aimé qu'il voit ça...". Je ne veux pas subir de nouveau ces remords. Mes parents vieillissent et j'ai encore besoin d'eux, je veux profiter de leur amour, de leurs valeurs.
Donc, mon papa, il va pas me faire chier longtemps. Il va se faire opérer comme il faut et ensuite il pourra de nouveau m'emmerder autant qu'il veut.
Ne priez pas, ça ne servira rien, nous n'aimons pas ça.
*Sinon, vous avez vu, le titre de mon post c'est une chanson de stomy bugsy. Oui, je sais, c'est le blog de la culture ici.

