Femme parfaite

Le lieu de l'autodérision et du second degré

27 février 2009

Profil

J'avais le choix entre passer ma soirée à discuter avec Jetaime75 sur Gayvox ou écrire sur le blog. Comme tu peux le constater avec tes petits yeux, j'ai choisi la 2e option. En plus, je peux prendre mon temps pour écrire car demain je ne travaille pas. Je me suis mise en repos. C'est parti pour une nuit de folie avec mon thé Mariage et frère et mon ordi. Oh que ça donne envie ce programme.

Alors, toujours pareil, un peu de cohérence dans ce monde ne fait pas de mal. Donc, je te fournis mes explications par rapport à mon titre. Ouais, y'a un plan. Intro (là c'est ce que je suis en train de faire), développement (ça va venir dans quelques lignes) et conclusion (dans ce cas, tu peux aller directement en bas de mon texte). Alors ce titre car je vais te parler de mon profil sur ce fabuleux site de rencontres. J'ai décidé de le modifier et dans ma grande bonté, je vais te le soumettre. Bon, en plus, si tu es amoureuse de moi (ce dont je ne doute pas) tu pourras consulter le profil de toutes les filles pour tenter de me trouver. Par contre, je ne te garantis pas de répondre. Oui, la Ginette est farouche !

Bien. Gayvox te demande donc de te décrire par cette phrase : "toi, ta vie, tes attentes". Vastes questions ! Dans mon profil actuel, j'ai bien mis que je n'étais pas une dépressive et que je ne voulais pas de plan cul. Visiblement, les filles ont du mal à comprendre, ou à lire, étant donné les boulets que je me ramasse. J'ai donc décidé de frapper beaucoup plus fort. Voici en exclusivité mondiale MON PROFIL (dommage que je ne puisse pas mettre une petite musique d'ambiance).

Je vais me concentrer uniquement sur mes attentes. En fait, je vais même plutôt mettre ce que je n'attends pas. Ce qui va donner :

Ce que je n'attends pas :

_ Les filles qui ont déjà une copine mais viennent sur ce site pour se faire des "nouvelles amies".
Il faut savoir qu'en fait, ces filles, veulent voir si elles peuvent trouver mieux que leur meuf actuelle. Ce sont donc des salopes. Et la Ginette, elle aime pas les salopes.
_ Les Kikoo, lol, PTDR, MDR à chaque fin de phrase.
Cette mode m'est devenue insupportable. Overdose. J'en veux plus. Ca me refroidit immédiatement.
_ Les messages abrégés. BSR tu fè koi ds la vi. Le langage texto c'est bien...pour les textos et encore.
_ Les obsédées qui demandent si tu aimes le sexe, quelles sont tes positions préférées, si tu es plutôt string ou caleçon.
Concernant celles là, tu peux supposer qu'elles sont moches car être aussi en chien ça signifie qu'elles n'arrivent pas à assouvir leurs phantasmes.
_ Les "je-suis-cultivée-et-il-faut-absolument-que-l'on-parle-art-ou-littérature-pour-que-je-te-montre comme-je-suis-intelligente".
Je ne le répèterai jamais assez, la culture ne veut pas dire intelligence. Alors, les intellos névrosées en soif de connaissances bah ça ne me fait pas rêver. Ca m'ennuie.
_ Les compliquées, les indécises. Là, faut les fuir absolument, ce sont les pires.
_ Les moches.
Bon, là, je suis un peu violente...on va mettre, les femmes trop masculines (notez que ça m'emmerde de mettre ça car il y a des femmes masculines très jolies et sexy mais je trouve pas mieux...ou je laisse les moches ?)
_ Les filles vénales qui a la 2e question, après le bonsoir d'usage, demandent ce que tu fais dans la vie et surtout combien tu gagnes.
Là, tu vois tout de suite, à quoi elles accordent le plus d'importance. L'argent. De ta personne, elles s'en foutent, elles veulent savoir si tu es un bon parti.
_ Les "Bonsoir sa va ?". Les fautes d'orthographe, je tolère mais il y a des limites tout de même !

Voilà. Je crois que c'est à peu près tout. Ok, ok, ok, ça fait un peu la fille asociale. Mais je préfère avoir moins de filles qui me parlent plutôt qu'une multitude de tarées. Je privilégie la qualité à la quantité.
Bon, quand même, je ne vais pas terminer mon profil ainsi. Je dois conclure : si tu ne fais pas partie de toute cette liste, il est possible que je daigne te parler. Non, là, je passe pour une vraie pétasse. Je reformule : si tu ne fais pas partie de toute cette liste, ce sera un plaisir de faire ta connaissance. C'est pas mal ça.

Je pense être claire sur ce que je ne souhaite pas. En ce qui concerne ce que j'attends, la jolie demoiselle le découvrira plus tard si je désire lui en faire part. Le mieux serait qu'elle le devine d'elle-même mais on va pas trop en demander. Restons un peu réalistes s'il vous plaît, on n'est pas dans un film où un simple regard suffit.

Sur-ce, je vais tenter avec ça et je vous tiens au courant de ce que je ramène dans mes filets même si vous vous en foutez. Je crois que je ne vais pas échapper aux boulets mais il faut quand même essayer. Puis, peut-être que ça va me manquer les tarées...toutes les crises de rire que j'ai pu avoir face à autant de bêtises, de manque de classe et de vulgarité. En fait, non, ça ne me manquera, ça m'évitera de me dégoûter et de désepérer

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24 février 2009

Le miroir

Des fois, en discutant avec des gens, j'aperçois un non-dit. Oui, le non-dit se voit il suffit juste d'être bonne observatrice et de saisir l'instant. Ce petit moment où tu sens que le silence en dit long, que ton interlocuteur se retranche en lui.
Ca m'arrive de temps en temps de voir cette chose si intime, si douce et souvent douloureuse.

Aujourd'hui, par exemple, c'était avec un collègue à la pause cigarette. On parlait famille et puis il y a eu ce regard qui s'est détourné du mien, a regardé le mur d'en face. Je n'ai rien dit. Je l'ai regardé. Il était de profil. A quoi pensait-il, ça je ne le sais pas car j'ai n'ai pas eu l'indélicatesse de le lui demander. Juste quelques secondes. C'était beau. Du moins, pour moi, qui le voyais partir ailleurs. Un souvenir ? Un visage ? Des mots ? Où s'est-il éloigné ? Vers qui, vers quoi ? Cet air sérieux, ce regard fixe. Il a regardé ses chaussures, comme si, soudain, elles avaient de l'importance. Puis, il est revenu là où il m'avait laissée.
La suite, j'aurais pu la raconter sans la voir. Le petit sourire qu'il m'adresse comme s'il voulait me faire croire qu'il n'était pas parti quelque part en lui. Et la blague vaseuse ou le bon mot qui le remet dans notre réalité, qui efface son absence momentanée.

Sommes-nous tous identiques pour que je me retrouve à ce point dans son comportement ? Combien de fois ai-je eu ce même regard, ce même décrochage lors d'une conversation ? Et combien de personnes ont été les témoins conscients de mes absences ?

J'avais envie de poser ma main sur son épaule. Déjà, parce que ce collègue je l'aime bien, ensuite parce que j'aimerais dans ces instants qu'on le fasse pour moi. Pas de mots. Ils ne servent à rien. Juste un geste. Un geste qui signifie beaucoup, qui témoigne une présence discrète, une attention particulière, une compréhension secrète.
Je n'ai pas osé ce geste avec lui et je le regrette. J'aurais dû tenter. Ce n'est pas parce que personne n'a eu ce geste envers moi que je dois m'abstenir. J'ai réalisé, en effet, que je n'avais jamais senti cette main bienfaisante sur mon épaule. Un jour, peut-être, je sentirai cette agréable présence, cette main désintéressée se poser sur mon corps.

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22 février 2009

Yves St-Laurent et moi

J'y étais. Parfaitement. Tu sais (ou tu sais pas) au Grand Palais, à l'expo des oeuvres d'art qui appartenaient à Yves St-Laurent et Pierre Bergé. Tu as peut-être vu aux infos le monde qui faisait la queue. Je suis arrivée à 11h. Une file d'attente monstrueuse. Je n'ai jamais vu ça. On ne voyait même pas le bout et ça n'avançait pas. Je ne suis pas folle et je ne suis pas patiente ! Alors, ne croie pas que je me suis mélangée à la foule et que j'ai attendu. Je suis rentrée avec ma mère et mon frère par l'entrée réservée au staff. Merci à ma belle-soeur. J'aurais trop aimé avoir une banderole avec écrit dessus "Moi, je ne fais pas la queue!" Quelle pétasse je suis quand même.

Alors, déjà, ce qui était drôle c'était de voir tous les bourgeois se mélanger au peuple. Quelle bande de connards. Ce sont eux les pires. Ils étaient offusqués de faire un peu la queue. Oui, car l'expo est divisée en petites salles par thématiques (tableaux, arts nouveaux, sculptures...) et du coup, tu ne peux pas faire rentrer tout le monde, faut attendre et les riches n'aiment pas ça. Ce sont eux qui poussaient comme des tarés. Forcément, au bout d'un moment, une bourgeoise qui tentait de fusionner avec moi a eu le droit a un recadrage sur les bonnes manières. Du haut de mon mètre 73, je me suis retournée j'ai daigné baisser les yeux sur sa petite personne et je lui ai dit : "vous savez, vous collez à moi ne vous fera pas avancer plus vite." Elle s'excusa et ne me toucha plus. Passons ces petits tracas anodins et revenons à l'expo.

J'ai été surprise de voir autant de choses. Je me demande toujours comment ils ont pu caser tout ça dans leur appart de 150m2. Ils ne devaient plus avoir beaucoup de place pour se déplacer. Alors, je ne vais pas te raconter dans le détail ce que j'ai vu car je n'ai pas retenu grand chose. Uniquement, 3 coups de foudre.

2 tableaux : l'un de Fernand Léger et l'autre de George Braque estimés respectivement entre 8 à 10 millions et 5 à 6 millions. Ca calme.
Il y a eu aussi cette table basse magnifique estimée à 300.000.
Conclusion : j'ai pas des goûts de merde.

Voilà, c'est tout. Je suis heureuse d'avoir vu ces objets d'art que je ne reverrai plus puisqu'ils sont mis aux enchères. Mais si tu veux mon avis, cela ne méritait pas de faire la queue. Les gens ont dû attendre au moins 5 heures avant d'entrer. C'est une chose que je ne ferai pas, perdre ma journée comme ça.

En sortant, je me suis dit que j'étais conne, j'aurais dû repérer une vieille bourgeoise bien riche, la séduire dans les toilettes et lui demander de m'acheter au moins un tableau. J'ai raté l'occasion. Tant pis, j'y penserai pour la prochaine fois.

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19 février 2009

La force

Il y a des moments dans la vie (oh que cette phrase commence avec un ton paternaliste) où tu n'as pas le droit d'échouer. Tu sais que tu ne peux pas reculer, que tu dois assurer même si tu n'en as pas envie, même si tu es faible.

Quelques minutes importantes où tu dois prendre sur toi, où tu te répètes qu'il faut que tu y arrives. Pas pour toi mais pour les autres. D'ailleurs, c'est souvent pour les autres qu'il faut se surpasser.

Alors quand ma mère m'a dit lundi, le jour de l'enterrement : "Pupuce, tu liras un texte à l'église". J'ai souri et j'ai dit "oui". L'angoisse.

Nous sommes arrivés. Les cloches du village n'en finissaient pas de sonner. Il faisait froid, tout était gris. C'était glauque. Un temps d'enterrement. Pourtant, j'ai préféré ça à un soleil. Qu'il fasse beau, que la vie explose avec un joli ciel bleu, je trouve ça déplacé par rapport à ma peine. Il faisait moche et c'était tant mieux, en harmonie avec mes pensées sombres.

Le curé m'a serré la main et m'a dit : "c'est vous qui lisez ? Je vais vous demander de ne pas lire trop vite pour ne pas bâcler la cérémonie". Là encore, j'ai souri et j'ai dit oui alors que ce que j'avais au bord des lèvres c'était : je t'emmerde connard. J'enterre ma grand-mère je ferai ce que je peux.

Je me suis assise à côté de maman. La cérémonie était belle. Il y avait beaucoup de gens que je ne connaissais pas. Ce dernier hommage m'a touchée. J'entendais ma mère pleurer discrètement, toujours digne malgré tout. Je me suis retenue de la regarder. Il ne le fallait pas. Si je voyais ses larmes, les miennes couleraient et je ne pourrais plus m'arrêter. J'ai regardé le plafond je ne sais combien de fois pour faire rentrer le liquide qui voulait s'échapper de mes yeux.

Le moment redouté arriva. C'était à moi. Je me suis levée. J'ai soufflé. J'ai regardé cette triste assistance qui était assise devant moi. J'ai jeté un rapide coup d'oeil sur le cercueil juste en face et j'ai vite baissé les yeux. Mauvaise idée de regarder cette caisse de bois inerte où la couleur vive des fleurs posées dessus était en décalage avec ce qui se trouvait dedans.

Il fallait que ma voix porte pour que tout le monde entende. Il fallait que je ne lise pas trop vite. Je me suis accrochée au pupitre. J'ai serré fort.
Les premiers mots : "Mes biens aimés." Quelle ironie. J'avais envie de m'arrêter et de dire à ma mère : "t'as vu ce que je dis ? T'es sûre que t'as choisi la bonne personne ? Mes biens aimés ? Je ne les aime pas spécialement tous ces gens, y'en a même que j'aime pas du tout". Mais j'ai continué. Il était question de Jésus évidemment. Je lisais avec conviction un texte pour lequel je n'étais pas du tout convaincue. J'ai pris le temps. J'étais concentrée. Pas sur les mots devant mes yeux mais sur tout mon être. Ne pas flancher, que ma voix ne tremble pas, rester debout.
Dans mon pantalon, mes jambes n'arrêtaient pas de trembler, j'avais mal aux mains tellement j'empoignais le pupitre. Ca s'est arrêté, enfin. J'ai levé les yeux qui sont restés miraculeusement secs (merci Marie, merci Jésus, merci Dieu ?) et j'ai balancé la dernière phrase. "Aimons-nous les uns les autres".
Je suis retournée à ma place. Je me suis assise. J'étais épuisée. Ma mère s'est penchée à mon oreille pour me dire "il va t'enrôler le curé c'est sûr. Puis, la fin, pour qu'on s'aime, tu nous as donné un ordre". J'ai soupiré de soulagement. Maman a apprécié ma lecture. J'ai réussi, je ne l'ai pas déçue, c'était mon but. Durant le reste de la cérémonie, je n'ai fait que trembler. De la tête au pieds. Je sais ce que cette expression veut dire désormais, ce n'est pas qu'une image. Même assise, mes jambes, mon dos, ma nuque, mon crâne n'arrêtaient pas de tressauter. J'ai tenté de me maîtriser mais c'était incontrôlable.

Je n'ai pas pleuré. Pas une seule larme. Toujours pas. Je ne sais pas où j'ai trouve la force de me contenir. En revanche, je sais que 2 enterrements en 6 mois c'est trop. Je commençais à accepter la mort de ma grand-mère paternelle, je commençais à vivre avec, je pensais que tout ça sortirait bientôt. Et là, tout revient, les 2 pertes se mélangent, s'accumulent et je m'emmure. Tout recommence. Tout est à refaire et pour le coup, je ne suis pas certaine de trouver la force. Cette énergie pour faire comme si tout allait bien, pour retenir toute la rage que je ressens pour cette peine à endurer qui est inévitable.
 

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14 février 2009

Louis XIV

Reviens Chérie, je ne vais pas parler d'histoire ! Mes capacités intellectuelles sont trop limitées.

En ce jour de la St-Valentin, je me terre chez moi. Je vais sûrement me faire l'amour car il faut marquer le coup, ou plutôt le tirer, pour fêter ce jour d'amour commercial. Mais je m'égare, là n'est pas du tout mon propos.

Revenons au titre de mon post. Louis XIV. C'est moi ! Vois-tu cette semaine, je suis allée voir Calorine à l'hôpital. Ne t'en fais pas, tout s'est bien passé, rien de grave. Elle s'est fait "niptucker" selon sa propre expression. Elle était hospitalisée à l'Hôtel Dieu.

Je déteste les hôpitaux, comme tout le monde je pense. Mais celui-là, c'est une merveille, un monument. Pas d'odeur de désinfectant, un silence reposant. Avant, c'était un couvent. Ce lieu a gardé l'âme de son passé.

Oui, quand j'y allais, je me prenais pour Louis XIV, je l'avoue. Le haut plafond, les grands escaliers, les murs anciens, l'éclairage tamisé, les immenses portes de bois et personne sur ma route. Ainsi, dans les grandes allées, j'étais seule. Mes pas résonnaient entre les murs, j'aimais vraiment le bruit de mes talons qui me conférait un sentiment de puissance. Je suis passée à côté d'un petit jardin magnifique, comme on en voit au château de Versailles. Je me voyais bien m'y balader avec ma cour.

Bon, arrivée dans le couloir Sainte Charlotte (un ancien couvent je t'ai dit), j'arrêtais de faire ma pétasse. Il y a avait des malades et afin de respecter leur repos, je mettais mes talons en mode silencieux, c'est-à-dire que je marchais tout lentement sans trop lever les pieds pour que mes talons ne fassent pas de bruit.
Avec cette démarche, Louis XIV c'était pas moi. Mais une fois dans la chambre de Clairette, je pouvais reprendre mon statut imaginaire.
Nous avions vue sur l'hôtel de ville. Aucun bruit. Juste elle et moi en entretien. A 19h, une infirmière apportait un plateau repas. Dans ma tête, c'était une domestique à notre service. Clairette, pensant toujours à moi, me disait qu'il y avait quelques infirmières bien jolies. J'ai hésité à balancer mes cartes de visite dans tout l'hôpital mais finalement je me suis abstenue.
J'expliquais à Claire qu'une fois qu'elle serait partie de cette chambre, je viendrais quand même. Avec un peu de chance, ce serait une petite vieille qui n'aurait plus toute sa tête et je lui dirais "chut. Ne t'en fais pas, je n'existe pas. Tu m'imagines. Je ne viens là que pour la vue".
Fallait pas trop faire rire Claire pour pas que sa cicatrise lui fasse mal. Quand je quittais sa chambre et que je croisais une infirmière consommable, j'avais envie de lui dire "ah mécréante ! Rejoins-moi dans ma chambre dans 3 minutes afin que je t'honore. Sois heureuse que ton roi soleil daigne poser les mains sur toi". Evidemment, je fermais ma gueule et me contentais d'un bonsoir murmuré.
En sortant de l'hôtel dieu, voyant un Paris plongé dans la nuit et le froid, j'avais envie de lever le bras et de crier "cocher !" mais finalement j'allumais une cigarette, laissait Notre Dame derrière moi et marchais jusqu'au métro. Durant le trajet, Louis XIV m'abandonnait et je redevenais moi, entourée de connards et de connasses dont je fais partie.

A part ça, j'espère que Clairette sort demain afin que nous reprenions nos habitudes dominicales avec un brunch. Je vais tenter de me la jouer encore Louis XIV mais je ne suis pas certaine que mes amies soient sensibles aux charmes de ce nouveau personnage. Enfin, je vais tenter, on sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher !

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12 février 2009

Des fois, la mort c'est bien

Ah, je préviens, je vais sûrement plomber l'ambiance. Si t'es au bord du suicide, ne lis pas. Tu veux  continuer ? Je t'aurai prévenu, viens pas chialer après.

Ca y est, une génération s'est éteinte. Grand-mère est partie. Je n'ai plus de grands-parents.
Si le monde était bien fait, que la vie n'était pas parfois chienne, son enterrement ne devrait pas avoir lieu le jour de l'anniversaire de ma mère et si le monde était idéalement fait, elle aurait dû s'en aller bien avant. En gardant sa dignité.
C'est pas sa mort qui me fait le plus mal. C'est le temps qu'elle a mis à arriver. 10 ans. 10 ans que son corps, son cerveau ont diminué. C'était un peu comme descendre les marches d'un escalier. Je me demandais quand cette déchéance allait s'arrêter, jusqu'où pourrait aller sa dégénérescence. Et, tu vois, je me demande ce à quoi elle a pensé pendant ces interminables années car le pire, c'est qu'elle était consciente de son état. Elle comprenait quand tu lui parlais mais une partie de son cerveau a coupé son droit de réponse. Elle a passé 5 ans dans cet hôpital pour les morts vivants. Allongée dans son lit, assise dans son fauteuil. Que pensait-elle ? Que ruminait-elle ? Avait-elle des souvenirs joyeux pour l'accompagner ou pensait-elle constamment à sa souffrance ? C'est ça le plus horrible. Ne pas savoir. Imaginer. Rester sans réponse.

Je n'ai pas été une bonne petite fille. Je ne l'ai pas vue depuis 8 ans. J'ai été lâche. Peut-être que des fois elle pensait à moi en se demandant à quoi je ressemblais maintenant. Elle ne le saura jamais. Elle ne gardera que l'adolescente pas aimable ni patiente avec elle. A l'époque, je n'ai pas trouvé les mots. Ces mots pour lui dire que je m'énervais contre elle mais pas parce que je ne l'aimais pas, mais parce son sort était injuste. Cette injustice qui faisait qu'elle versait son parfum sur ses cheveux, qu'elle disait qu'elle avait froid alors qu'elle avait chaud, qu'elle tournait le gaz pour monter le chauffage. Je n'ai pas trouvé la force de la voir à l'hôpital. Quel intérêt de toute façon ? J'avais trop peur qu'elle voit sur mon visage la pitié que j'éprouvais. On n'aime pas faire pitié dans la famille, c'est la pire des insultes.

Et quand j'entends les débats sur l'euthanasie, tu ne peux pas savoir la rage que je ressens. Quand j'entends qu'il est hors de question de donner la mort, qu'il faut respecter la vie, j'ai un sourire amer. J'aimerais que ces gens passent 10 ans à se voir glisser lentement et douloureusement vers la mort, qu'ils restent muets et impuissants devant leur douleur. Pour le coup, on accorde aux animaux ce qu'on n'offre pas aux humains. Quand mon chien a eu un cancer, nous l'avons piqué. Il est parti sans souffrance, vite, il a fermé les yeux pour s'endormir définitivement. C'était triste mais pas douloureux. Pas inhumain, pas irrespectueux.

Je n'ai aucune gratitude pour l'acharnement que les médecins ont mis a préservé la vie de ma grand-mère. Elle n'est pas partie dans la dignité qu'elle méritait. C'est ça la honte, l'irrespect de la vie et de la personne.

C'est pour ça que ce soir j'hésite entre pleurer de joie parce que grand-mère est délivrée ou rire d'ironie face à l'hypocrisie et à l'étroitesse d'esprit de mon pays.

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08 février 2009

La malédiction

Ah que je suis maudite ! Pourtant je suis super sympa comme fille. Tu ne comprends pas le rapport ? Non, tu n'es pas conne, c'est normal. Tu n'as pas la science infuse et donc je me dois de t'expliquer.

Je suis dans ma phase où j'arrange mon appartement. Je tente de le rendre moins étudiant, tu saisis ? Plus classe, plus installé. Donc, j'ai fait des aménagements : la télé écran plat, la table pliante, la cuvette des chiottes, le luminaire, la petite lampe "design", le porte shampooing et la pendule pour la salle de bains...Ca, c'est fait. Ensuite, je me suis occupée des murs. Enfin, j'ai juste acheté 2 cadres pour mettre 1 agrandissement de photo et un poster avec 16 photos en mosaïque.

Je me suis dit que mon appart allait être ravi. Oui, car comme mes cheveux, mon appart a une âme. On se parle lui et moi. Quoi ? Qui se fout de ma gueule en disant que la solitude me fait tomber bien bas ? Rigolez, c'est ça, si vous écoutiez un peu mieux, vous verriez que les murs n'ont pas que des oreilles, ils ont aussi une bouche !

Bref, je ne suis pas totalement conne. Ma photo faisait 38X45 et mon poster 75X50. Qu'ai-je donc acheté ? Un cadre de 38X45 et un autre de 75X50. Tu vois, c'est assez logique. J'ai tout bon. Alors, je suis passée à l'action. J'ai voulu mettre mes affiches dans les cadres et là, stupéfaction ! Ca ne rentrait pas. Les photos étaient trop grandes de quelques millimètres. Putain, que j'étais trop énervée. J'ai bien entendu mon appart tout entier se gausser de la situation. Quel connard celui là !

J'ai donc été obligée de mesurer la différence et de découper. Je déteste les travaux manuels de précision. Je ne suis pas douée avec des ciseaux. J'ai mis un temps infini à suivre bien correctement mon trait. Je faisais des pauses toutes les 30 secondes pour souffler et aussi insulter ces merdes, ce qui a donné à peu près ça : "pffffffffffffffffffffffffffff (=soufflement de cachalot échoué sur la banquise) enculé, merde, bordel, putain, connard" L'élégance personnifiée, c'est moi.

J'ai réussi, bien entendu...au bout d'une heure ! Mes cadres sont accrochés, l'air de rien, comme si tout s'était déroulé comme prévu. Inutile de te dire que je les regarde avec certaine rancoeur.

Tu vois, je sens bien que mon appart ne m'aime pas. A chaque fois que je fais le moindre petit truc qui doit être d'une simplicité sans nom, il m'invente des difficultés. Du coup, j'appréhende, ça ne me donne pas envie de faire plus. Enfin, il me reste encore à acheter 2 choses pour que mon appart me ressemble, c'est-à-dire pour qu'il devienne parfait. Une table basse et là, tu vas voir, rien que pour me faire chier, cette table sera en fait haute ! Et un tapis de sol et là, à mon avis, ce sera un tapis volant qu'il me sera impossible de poser par terre.

La loose. Enfin, il est quand même de mieux en mieux mon appart. Je crois qu'il me ressemble de plus en plus : c'est un connard qui est habité par une connasse. La boucle est bouclée.

Posté par Ginette parfaite à 19:46 - MOI - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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