Femme parfaite

Le lieu de l'autodérision et du second degré

26 avril 2009

Ma jolie brunette

Je l'appelle comme ça quand je pense à elle, dans ma tête. Je me souviendrai toujours de ce jour. J'ai mis ma veste et je suis partie. Je ne me souciais pas de lui plaire étant donné qu'elle était prise.
On s'entendait bien. C'était donc un rendez-vous pour sympathiser davantage. Oui, mais voilà. J'avais pas prévu de la trouver si belle ce jour là. J'avais pas prévu de sentir mon corps tressaillir, mon coeur rater un battement, mon esprit me crier "mon dieu qu'elle est belle".
Etant une fille très terre à terre, j'ai fait comme si rien ne se passait en moi, j'ai mis ça sur le compte du manque de tendresse. Très rapidement, il m'a fallu me rendre à l'évidence. C'était bien plus que cela. Je me suis perdue dans son regard souvent, j'ai admiré sa cambrure de temps en temps, j'ai contemplé sa poitrine un peu. Je me suis sentie bien. J'ai tout oublié pendant les quelques heures passées avec elle. Nous avons parlé, parlé et parlé encore. On passait de sujets légers en discussions plus graves. J'ai gravé dans ma mémoire l'instant où elle a caressé ma joue droite du dos de son index. J'ai au bout de mes doigts le petit huit que j'ai tracé sur sa main. Elle a ri. "Pourquoi un huit ?" J'ai souri. "J'ai trouvé ça plus original qu'un coeur". J'avais chaud, j'ai senti mes joues rosir. Ca faisait bien longtemps...
Puis, un deuxième tête-à-tête 2 jours après, parce que...parce que nous avions envie de nous revoir, tout en sachant que ce n'était pas forcément la meilleure idée. Des mots plus intimes, un "nous" hypothétique, des "ce que j'aime chez toi", des "j'aimerais que tu..." Une balade nocturne, où je lui ai exposé mon amour de Paris by night. Son petit "j'ai froid" minaudé en se collant à moi, mon bras enlaçant sa taille fine. Ok, là, j'avais bien conscience qu'aux yeux des passants nous avions l'air d'un couple. L'idée m'a énormément plu sans me faire peur. Je n'étais pas effrayée, je n'avais pas de doutes. Exploit ! Ca faisait bien longtemps ça aussi.
Pourtant, j'avais toujours à l'esprit sa copine inconnue. En la sentant si proche de moi, je savais que c'était la limite. Je n'irai pas au-delà. Même si j'en crevais d'envie. Son "j'ai très envie de t'embrasser tu sais". Mon silence, mon bonheur, ma joie. Mon corps qui se tend, explose de désir suite à ses mots et ma bouche. Ma bouche qui, au lieu de se poser le plus tendrement possible sur ses lèvres pour lui témoigner toute la douceur qu'elle m'inspire, formule cette phrase "mais tu as une copine". Son "c'est vrai" et son éloignement de mon corps. Mon bras qui se retrouve de nouveau le long de mon corps. Voilà, l'instant est parti. Il ne reviendra jamais. Mais ce qu'il était beau, ce que c'était bon.
Je passe la suite, où il n'est question que de sa relation. Des mails auxquels je prenais tout mon temps pour lui répondre car j'avais compris avant elle. J'avais l'attrait de la nouveauté, le goût de l'inconnu. Je me doutais bien qu'on n'efface pas 3 ans d'amour avec 2 rencontres seulement. J'ai aimé qu'elle lui dise tout. J'ai apprécié qu'elle me dise tout aussi. Ma jolie brunette n'était pas que belle, elle avait le sens de l'honnêteté. Du début à la fin, c'est une belle histoire. C'est comme un petit bonbon acidulé. Ca garde bon goût dans la bouche même quand il est fini.
Je ne regrette rien. Je suis même heureuse. Je souris à tout comme si j'étais amoureuse. Je me sens bien. Je déborde d'espoir. J'ai envie de rencontrer. Je m'active. La vie c'est beau quand même. (aparté pour moi-même : quelle phrase de conclusion à chier ! Et oui, fallait bien un peu de vulgarité dans ce post sinon on risque de croire que la Ginette est limite romantique et faut pas rêver)

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21 avril 2009

Très chère

Boubou,

On honore une femme comme on peut. Parfois, c'est avec le corps, là, ce sera avec des mots. C'est ton choix que je respecte, je n'irai pas jusqu'à dire que je le partage. Enfin, c'est sans doute mieux ainsi car suite à mon enquête concernant ton fantasme pour le paresseux, je dois t'avouer que j'ai été quelque peu désenchantée.

Ah Boubou, imaginons que tu es un paresseux. Déjà, tu n'es pas spécialement à mon goût. Photo :

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T'as vu ta gueule ? Ouais, en vrai t'es moins charmant que dans l'âge de glace !
Je te passe les trucs chiants concernant ta race et ne vais m'attarder que sur tes spécificités, certes étonnantes mais peu ragoûtantes. C'est toi qui l'as voulu, je te le rappelle.
Déjà, il y a 2 groupes de paresseux. Ceux à 3 doigts et ceux à 2 doigts (que nous pourrions aussi appeler Twix car 2 doigts coupent faim !) Bon, 3 ou 2 doigts, la vie c'est pas facile. C'est peut-être pour cette raison que tu mets 2 jours à monter en haut d'un arbre et 2 jours aussi pour en descendre. Oui, tu es lente. Je me dois, cependant, de te féliciter pour tes ongles longs et solides. Ce sont d'énormes griffes qui permettent de s'agripper et de ne jamais lâcher.


Ta lenteur n'a d'égal que ta paresse. Il y a une logique à tout, je ne me lasserai jamais de le répéter, tu portes bien ton nom. Tu passes 15 heures à dormir. Le reste du temps tu manges et te reproduis. Il y a pire comme vie. Je l'admets. Oui, mais tout de même ! Tu as, comme tout être vivant, des besoins naturels. Ton organisme doit se soulager de temps en temps. Et tu le fais 1 fois par semaine, voire tous les 15 jours ! Tu descends alors de ton arbre (faut que tu anticipes bien avant car je te rappelle que tu mets 2 jours pour descendre) et là tu te libères d'1 tiers de ton poids ! Ouais, impressionnant. Applaudissons ton exploit et c'est pas ma faute si c'est dégueulasse ! Ne m'engueule pas ! En plus, j'ai essayé autant que faire se peut d'être la plus classe possible.

Passons sur ce phénomène et parlons de ton poil. Ta couleur est assez spéciale...gris verdâtre. Mais pourquoi ? Il y a plus joli comme pelage. Oui mais voilà, tu es lent. Ainsi, l'humidité de la forêt reste constamment dans tes poils et étant donné que tu bouges pas, ça sèche jamais. T'es tout humide et donc des petites algues vertes se développent. Ce qui explique ta couleur. Ce n'est pas tout. Tu es en fait une grande âme et tu héberges toujours dans tes poils de charmantes petites bêtes qui se nourrissent de tes algues vertes. Ainsi, les coléoptères sont tes amis. Pas un, pas 2, pas 3 mais des centaines. Tu te demandes à quoi ça ressemble exactement des coléoptères ? Bouge pas ! Photo :

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Ca se passe de commentaires. En plus de ça, il y a aussi une espèce de papillon qui ne vit que sur toi. Il profite de ton passage aux toilettes pour mettre ses oeufs dans le sol ! La nature est bien faite, tu ne voyages donc pas pour rien ! Allons, ne fais pas cette tête ! J'ai trouvé ton utilité. Spéculons sur le fait que je sois perdue dans la forêt et que tu sois mon animal de compagnie. J'ai faim. Soit je te bouffe car je ne sais pas de quoi je serais capable en étant affamée, soit je t'épouille et mange tes coléoptères...Ok, c'est pas glamour mais vois le bon côté des choses s'il te plaît. Moi j'essaie, comme tu peux le constater.

En fait, Boubou, à la lecture de tout ça, tu conviendras comme moi, qu'être Boubou c'est mieux que tout. Tu admettras aussi que, la prochaine fois, tu réfléchiras un peu plus sur ta réincarnation possible. Enfin, ça dépend...je te rappelle que tu passes ta vie à dormir, manger et baiser (et à aller aux toilettes)...c'est pas mal finalement comme programme (si t'enlèves les toilettes).

Voilà, j'espère que ce post a été à la hauteur de tes commentaires, à défaut d'être à la hauteur de tes espérances concernant le paresseux.
Trouvons une moralité à tout cela si tu veux bien : les films mentent toujours. L'âge de glace n'échappe pas à la règle. La fiction embellie toujours la réalité. Finalement, le paresseux, c'est bien à la télé, de loin.

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19 avril 2009

Du lourd, du bien lourd

Dans la vie, j’attire les tarés. Il est donc normal que mon blog fasse de même. Voici une petite sélection des recherches cultes. Oui, j’enregistre les meilleures pour pas les oublier tellement elles sont bonnes. (bon, je laisse les fautes d’orthographe, ça fait partie du charme)

_ Baiser ma salope de belle mère non vénale

_ Histoire erotique:je baise la femme de mon père

Admirons ensemble l’amour filial. Le respect du père à moins que ce soit plutôt un espace de complexe d’Œdipe qui n’est pas passé…

JE ME FAIT DRAGUER A 29 ANS : MON DIEU MAIS C’EST HORRIBLE ! A 29 ANS TU COMMENCES SEULEMENT A ATTIRER ! REMARQUE MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS

_ Elle fait l'amour avec ces cheveux : ah ouais moi aussi des fois j’aimerais bien, mais le PCLL n’est pas consentant

_ Mouille+95c : miam, miam, j’ai faim ! Toute cette délicatesse, cette classe, ça m’excite.

_ Baiser a concarneau une femme : on peut aussi en baiser dans d’autres villes mais bon…

_ FEMME QUI ECARTE LES CUISSES : oui, on me cherche ?

_ Mensuration de la femme parfaite : les miennes, bien entendu, mais je ne les dévoilerai pas ici. A la rigueur, si t’es une jolie fille (toujours le même critère important) je veux bien te les montrer.

_ Frange trop courte les solution : je sais pas, attendre que les cheveux repoussent c’est peut-être la meilleure solution pour éviter un autre massacre.

_ Femme au long doigt : oui c’est encore moi, je suis très demandée ! 

_ Femme qui tue avec ses talons aiguilles : ah là j’aurais pu faire cette recherche. C’est mon plus grand fantasme.

_ Gros pipi de femme gaine culotte : Calorine, je crois qu’on te cherche là !

_ Salope stupide : ah là c’est pas moi. Salope pourquoi pas mais stupide non…quoique.

_ Comment ne pas être une femme parfaite : c’est simple, ne pas être moi.

_ Ginette blog sexy : oui, je suis là mon chou.

_ Il mate le décolleté de ma femme : quel connard mais je ne lui jetterai pas la pierre…moi aussi si ça se trouve j’ai regardé les seins de ta femme, on sait pas.

_ Il baise ma femme pendant qu'elle me parle au téléphone : et il a bien raison, pas sa faute si c’est une grosse salope ta femme

_ Je suis une femme pdg et je pratique la promotion canapé : mais c’est très bien. Je te félicite, je suis admirative. J’aimerais beaucoup te rencontrer.

_ Femme aimable gentille belle qui ne fait pas chier : ouais alors là, je crois que t’as pas fini de chercher. Je te souhaite bien du courage !

_ Inactivite sexuelle deprime : ah je sais ce que c’est. T’en fais pas, ça passera.

_ Ma femme est parfaite mais je ne l'aime plus : alors c’est qu’elle est pas si parfaite que ça. Casse-toi, quitte- la, elle s’en remettra et toi tu seras libéré.

_ Chaise god burn after reading : ouais, moi aussi c’est presque la seule chose que j’ai retenu du film.

_ Le beau cul de ginette : merci.

_ Ma femme est tarée que dois-je faire ? : je ne sais pas…la quitter ? Ou la vendre sur e-bay…

_ J'ai l'impression que toutes les femmes ont envie de moi : moi aussi, c’est pareil !

_ J’ ai plus envie de baiser ma femme : ça arrive. Avec le temps on se lasse ou bien tu ne l’aimes pas assez pour que le désir perdure.

_ Je ne suis pas une femme parfaite et il me le reproche : encore un connard !

_ Homosexualité feminine est elle acceptable ? :  quoi ? NON ! Ce n’est pas acceptable. C’est écrit dans la Bible. Allons,Christine, ne te pose même pas la question. Où va le monde si on commence à tolérer des personnes du même sexe ensemble ? C’est important d’avoir son mot à dire sur des choses qui ne nous regardent pas. Il faut juger l’intimité d’autrui sinon le monde vivrait en paix et ce serait d’un chiant à en crever d’ennui.

_ Je suis une femme jai envie de voir un film de lesbienne : alors rassure-toi, ça ne veut pas dire que tu es lesbienne. Tu peux regarder, ça peut même te plaire, c’est pas pour autant que t’es pas hétéro. Y’a pas de honte, fais-toi plaisir.

_ Les filles ca veut pas baiser : faux, complètement faux. Ca doit être parce que t’es moche alors elles veulent pas baiser avec toi.

_ Fleur pour mettre sur sac a draguer : …là, j’ai pas compris

_ La femme parfaite elle te remercie apres que tu ai fait l’amour : faut pas pousser non plus. C’est plutôt à elle qu’on dit merci.

_ Je cherche les putes a turin pour baiser : alors, tu continues tout droit, tu tournes à gauche au 2e feu et c’est la 3e à droite.

Décernons, un prix pour ces recherches cultes. Celui du plus gros connard :

_ Ma femme a t elle le droit de sortir tous les soir sans mon autorisation

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16 avril 2009

Taguez-moi, taguez-moi, taguez-moi...

...Tu mets ces mots sur la chanson Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi et t’as le rythme qui est dans ma tête.

Alors, ce titre car je suis allée voir l’expo Tag qui est au Grand Palais. Bon, là c’était pas comme pour la vente d’Yves St-Laurent, j’avais pas de relations et du coup j’ai dû faire la queue avec le petit peuple. C’est dommage, je m’étais habituée à passer devant tout le monde et à faire ma pétasse. Tant pis. Et puis c’était bien aussi de faire la queue pendant plus d’une heure avec le vent et la pluie. Au moins, tu retrouves tes amis et tu partages avec eux… le vent, la pluie et l’attente. C’est fédérateur en quelque sorte, limite convivial. Bien entendu, Nab et moi avons bien essayé de convaincre les autres d’abandonner cette file d’attente pour se poser dans un bar. J’ai même fait remarquer que dieu était contre nous puisqu’il nous pissait dessus et que c’était un signe pour rebrousser chemin. Dieu j’y crois pas ok, mais je le sors quand même s’il peut m’être utile. Le souci c’est que mes amis ne sont pas très catholiques alors ça n’a pas marché. Note pour moi-même : penser à changer d’amis.

A part ça, revenons à ce qui nous préoccupe. L’expo. Des photos valent mieux que des mots. Voici une petite sélection. Remercions, si vous me le permettez, David qui s’est dévoué pour être notre  photographe attitré.

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Maintenant que le plaisir des yeux est satisfait, critiquons. Ouais, c’est ce que je sais faire de mieux. Cette expo était pas mal. Tu vois des beaux trucs, des artistes doués qui usent de créativité, de minutie, d’ingéniosité. Bon, y’en a d’autres où tu te demandes s’ils se foutent pas un peu de ta gueule car jeter des pots de peinture de toutes les couleurs sur une toile bah toi aussi tu peux le faire et pourtant t’es pas exposée !

Cette expo méritait-elle de faire la queue ? Je crois que non. Les tags qui y sont exposés appartiennent à une collection. C’est un mec qui met à disposition des artistes un atelier. Un thème est imposé : partie gauche c’est le nom de l’artiste, partie droite c’est le thème de l’amour. Le format aussi est imposé. Il a été décidé pour rentrer dans la smart du collectionneur !
Ce type a fait ça car il trouvait dommage que cet art soit éphémère, effacé des murs au fur et à mesure et donc il a décidé de les préserver.

Bien. Mais moi je ne m’attendais pas à ça. C’était sympa, plaisant, agréable. Mais j’espérais voir aussi des photos avec des vrais tags de rue. Il y en a des très beaux, il y en a aussi qui sont historiques, qui témoignent d’une époque, de l’Histoire…Vois-tu, là ce sont des « commandes ». Or, un tag ce n’est pas ça. C’est fait sur un mur, un train…à la dérobée, gratuitement, comme un besoin de s’exprimer devant le monde entier. Du coup, que l’expo s’appelle tag me gêne un peu. Nous ne sommes pas dans l’esprit. Le tag est un art, je n’en doute pas (sauf les trucs du style « PSG nique OM » ou encore « Samantha = grosse pute »), mais ce ne sont pas des tableaux et dans cette expo, ils étaient sur des toiles, alignés bien sagement les uns à côté des autres. Pour moi, le tag c’est un peu l’emblème de la révolte, de la liberté et là c’était assez intellectualisé. Limite, si j’étais pas un peu triste de voir cela si bien organisé.

Voilà, c’était ma critique. Je m’arrête là sinon on va finir sur un débat chiant et ennuyeux.

Enfin, faut que tu saches quand même que ce midi je me suis consolée. J’ai pu contempler le street art de Miss Tic et de Jef l’Aérosol sur les murs de Paris. Oui, dans le quartier où je travaille j’ai la chance d’avoir ces œuvres à disposition, librement, en passant. Et à chaque fois, elles me font du bien. Bon, pendant que j’y suis, t’es gentille tu vas acheter le livre de Miss.Tic, Je prêtre à rire mais je donne à penser. C’est un petit recueil où, sur chaque page, tu as les citations qu’elle a mises sur les murs. Y’en a des bonnes, en voici quelques-unes : "pas d’idéaux, juste des idées hautes", "il y a de la rage dans l’ère", "regarde la réalité en farce", "on ne radine pas avec l’amour", "devenir simple c’est compliqué", "à Lacan ses lacunes"…

Sois pas chienne, tu peux bien faire ça quand même ! Et je te ferai l’amour pour te remercier de m’écouter…enfin, ça dépend si t’es jolie, je ne suis pas farouche mais j’ai des yeux quand même, faut pas déconner, j’accepte pas n’importe pas qui dans mon lit.

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12 avril 2009

Sans titre

Je sais lire entre les lignes tu sais. Tes mots suspendus je les attrape. Pourtant, je garde le silence. Tu as fait un choix, le mauvais. Je sais que tu le sens. En revanche, je doute que tu aies le courage de te l'avouer pour y remédier. J'aimerais me tromper. Que tu me surprennes. Mon silence doit t'agacer, il te conforte sûrement dans l'idée de ne rien faire. Il te déculpabilise de rester passive. Que croyais-tu ? Que j'allais me battre ? Pas maintenant, pas tout de suite. C'est à toi uniquement de décider ce que tu veux. Me veux-tu ? C'est ça, dis-toi non. Mais c'est faux. Quand tu l'accepteras enfin ce sera sans doute trop tard. Je ne compte pas t'attendre. Tu es perspicace, intelligente, tu sais ce que tu dois faire. Ce n'est pas facile. Ai-je dit le contraire ? Mais je ne peux pas m'en occuper à ta place. C'est toi qui as les cartes en main. Crois-moi, ça m'importune profondément. Tu as le pouvoir de décider de notre destin. Le tien et le mien. Ce n'est pas très juste. Je n'ai pas mon mot à dire. J'ai envie de crier parfois, de t'insulter même en te demandant si tu es aveugle ou stupide. Comment peux-tu rester ainsi ? Savoir que tu passes à côté de la bonne direction : moi. Oui, trouve-moi présomptueuse, voire prétentieuse. Si cela peut t'aider à mieux vivre la situation, fais donc !

On ne m'a pas appris à m'imposer au détriment des autres, on ne m'a jamais dit que tout était permis quand on aime. J'ai une conscience et sois persuadée que je le regrette. Si je ne l'avais pas, ça fait longtemps que j'aurais tout fait pour te ramener à la passion, non à la raison. Au lieu de ça, je ne fais rien. Mais j'espère toujours un signe. Un putain de signe venant de ta part.

Et après ? Est-ce cela qui te fait peur ? Tu redoutes de prendre des risques pour rien. Ne te préoccupe pas de ça, je m'en charge. Je ne suis pas ingrate. J'ai conscience de ce que je te demande. Je compte faire en sorte que tu ne le regrettes pas.
Après, vois-tu, je te donnerai la place que tu mérites dans ma vie. Au centre, oui, tu seras au centre. Te rends-tu compte de ce que cela représente pour moi ? Je ne vais pas te donner à moitié. Si tu veux mon engagement, tu l'as. Avoue tout de même que je n'ai pas besoin de te prouver quoique ce soit. Tu sais que je suis celle qui te rendra heureuse, celle qui te comprendra. De même, je sais que tu es celle qu'il me faut, celle pour qui je serai capable de m'investir totalement.

Voilà, nous savons toutes les deux tout ça. Fais-en ce que tu veux maintenant. Mais, rappelle-toi, je ne vais t'attendre longtemps. Des femmes qui peuvent faire battre mon coeur, je suis persuadée qu'il y en a plusieurs. Je ne compte pas arrêter mon temps et passer à côté de belles histoires. Je t'ai ouvert une porte et j'en ai entrebâillé d'autres. Si tu ne franchis pas le seuil, je passerai dans d'autres pièces pour découvrir que d'autres me désirent aussi.

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08 avril 2009

A la queue leu leu...

...à la queue leu leu, à la queue leu leuuuuuuuu. C'est bon, t'as bien la chanson dans la tête maintenant ? Ah, je suis ravie.

Rassure-toi, ce blog ne devient pas totalement n'importe quoi. Je vais donc m'abstenir de m'appesantir sur cette mélodie. Je pourrais, en revanche, te parler de Gran Torino. Ouais, je pourrais. Mais non. Sauf si t'insistes et que tu me soudoies. Allez, je ne suis pas une connasse totalement finie, je vais tout de même te dire que j'ai adoré ce film et que Clint je l'aime encore plus qu'avant.

Cette parenthèse étant fermée, revenons à mon titre absurde. Mais pourquoi ? J'entends ta question. Je suis partout, je sais tout, oui tu m'appeler dieu. Il faut remonter un peu le temps pour comprendre.

Figure-toi que ce week-end, en allant chez mon frère dans la campagne, j'ai vu un pin. Jusque là, rien d'exceptionnel. Oui, mais sur ce pin, il y avait d'énormes trucs blancs. Je me suis arrêtée pour mieux observer. Il s'agissait de cocons. Beaucoup. Gros. Cela m'a laissé dans l'interrogation.

Une fois chez mon frère, je lui en ai parlé. Mon frère, c'est un peu un spécialiste des plantes puisqu'il va en faire son métier. Il est capable de donner le nom d'à peu près toutes les fleurs, le nom latin aussi et la famille. Psychopathe. Mais est-il spécialiste des bêtes ? Pas autant que moi je pense. Et donc, j'arrive chez lui, toute fière en espérant le laisser béat de surprise en lui racontant ma rencontre. Là, il me répond d'un ton désinvolte "ouais, je sais ce que c'est". Quel connard ! Il a gâché ma joie. Alors, c'était quoi ces cocons ? Réponse : des chenilles processionnaires. Ah ah tu t'y attendais pas à celle-là ! Bah moi non plus. Voici l'exposé.
Déjà, sa gueule.

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Elle est belle quand même. Ok, tu ne trouves pas. Mais mets-toi à la place d'une autre chenille. Tu ne la trouverais pas jolie ? Moi si. Tu voudrais même sans doute lui faire l'amour. Là, je me dois de t'arrêter en te précisant que les chenilles ça n'a pas de relations sexuelles. Bien sûr que non ! Faut attendre qu'elles deviennent des papillons. Là, elles peuvent baiser, pondre et crever. Ephémère la vie d'un papillon. Recueillons-nous sur ce triste sort.
T'as remarqué tous les poils qu'elles possèdent et là je dis, attention ! Ces poils ne sont pas inoffensifs. Non, c'est pas comme les nôtres. Ils ne sont pas là juste pour te faire chier. Les poils de la chenille processionnaire sont urticants. Ainsi, si t'es pas loin de ces petits trucs rampants et que y'a du vent bah les poils ils s'envolent sur toi et ça te gratte. Tu ne pensais pas qu'un truc si petit pouvait être aussi irritant. Maintenant tu sais. De plus, c'est un danger pour l'arbre car elles le bouffent et le rendent fragile.

Mais pourquoi ce nom débile et long ? Processionnaire. Y'a une explication, une raison. Sache que ces chenilles se suivent les unes après les autres grâce à un fil de soie. La 1e chenille montre la direction à suivre et les autres, reliées à la petite cordelette invisible suivent. Bon, si la 1e meurt, ça peut arriver, elles sont déboussolées. Mais la 2e prend le rôle de chef et tout rentre dans l'ordre. Voilà, pourquoi on les appelle processionnaire. T'as compris mon titre maintenant ?
Cette file indienne peut mesurer plusieurs mètres. Quand elles deviennent matures, elles descendent toutes ensemble de l'arbre pour s'enfouir sous terre. Elles ressortiront papillons, s'accoupleront, pondront et mourront. Non, là, on se recueille pas, ça suffit, on l'a déjà fait une fois, faut pas déconner non plus !

Voilà, c'était la vie passionnante des chenilles. Qui a dit que j'aurais mieux fait de parler de Gran Torino ?

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03 avril 2009

Ikéa et moi

(Parce que ce que femme me demande, femme obtient)

Ouais je fais de la pub et j'ai pas honte. Figure-toi même que j'éprouve pour la 1e fois de ma vie une grande admiration pour un magasin. Si un jour on m'avait dit ça, je crois que je serais morte de stupéfaction.

Ikéa. Une découverte, un coup de foudre. J'y suis allée dimanche. Avec Cat. Est-il utile de te préciser que c'était en banlieue, que nous sommes parties de Paris en voiture et que nous nous sommes perdues ? Nous l'avons réalisé quand nous sommes de nouveau revenues sur le périph et que nous avons vu le magnifique panneau PARIS. Je te passe notre regard avec les yeux ronds et le fou rire qui a suivi.

Ikéa. Un magasin énorme, bien pensé et donc bien fait. Tu entres et là tu te sens pas perdue. Des panneaux te disent "sens de la visite". Au début, j'ai eu un petit sourire moqueur. C'est ça, ils croient qu'on entre dans un musée ces cons ! Bah ouais. Ils ont raison. C'est le musée de la consommation bien agencée. Il y avait du monde. Le parking était plein. Mais une fois à l'intérieur, tu n'as pas le sensation de foule. Les allées sont larges, tu circules tranquillement. Tu peux facilement contourner la mère avec son mioche qui hurle, le connard qui s'arrête brusquement devant les bols comme s'il avait eu une révélation, la poufiasse qui raconte sa vie au téléphone en criant pour être certaine que tout le monde l'entende. Même les couples, qui poussent le romantisme jusqu'à l'absurde en ne se lâchant pas la main et en flânant comme s'ils étaient au jardin du Luxembourg, ne te ralentissent pas.

Tu as tout ce que tu veux là-bas. Le plus impressionnant c'est que tu vois tout. Tu es au rayon salon et tout au bout tu aperçois les cuisines. Tu tournes la tête, tu situes facilement l'emplacement des produits. Tout est visible et accessible. Tout devient donc tentation. Ca te donne envie d'acheter des trucs dont tu n'as pas besoin. On m'avait prévenue. Mon frère m'avait dit de garder mes objectifs, de ne pas me disperser sinon je me retrouverais avec 46 bougies à 1 euro que je mettrais 10 ans à écouler, 37 boîtes qui resteront vides à prendre la poussière dans les placards, 98 mugs qui deviendront mon enfer quotidien car je ne saurais pas choisir dans lequel boire mon café tellement ils sont tous mignons. Je m'étais donc préparée psychologiquement et je n'ai pas cédé. Non. Je voulais une table basse et un putain de tapis que je n'arrivais à trouver et bien entendu, j'ai réussi ma mission. 59 euros fut l'addition totale. Je m'en sors plus que bien.

Ce qui est époustouflant avec Ikéa c'est que tes produits encombrants, comme ma table basse, se trouvent dans une sorte d'entrepôt qui est dans le magasin. Ainsi, tu notes la référence de ta table qui est en exposition, tu notes aussi l'allée et la place et tu y vas. Pas besoin d'attendre un vendeur qui est réquisitionné par 2 petits vieux qui veulent savoir si le marron ça va bien avec leur papier peint rose verdâtre. Efficacité, rapidité. C'est ça Ikéa. 

Je suis tombée amoureuse. On a visité Ikéa à fond tellement tout est bien fait. Nous avons vu la crèche. Là où les parents laissent les gosses jouer dans une salle de jeux pendant qu'ils font les courses. Nous avons découvert les toilettes où le sèche mains est un truc automatique dans lequel tu mets tes mains et qui te soufflent des jets d'air chaud. Ca te masse, ça te sèche, ça te fait du bien. Nous avons mangé aussi. Un self. Et là encore, admiration. Au centre, tu as un espace pour que les gosses puissent jouer et les parents s'installent autour, comme ça pendant qu'ils bouffent calmement ils peuvent voir les gamins faire les cons sans être dérangés. Ikéa a compris le concept des courses en famille et a réfléchi pour que les enfant ne soient plus un handicap dans la consommation des parents. Enfin, Ikéa, ça t'éduque un peu, ça hésite pas à te faire passer des messages. Ainsi au self, tu peux lire sur les murs : "en rangeant vos plateaux vous-mêmes cela réduit nos coups et c'est ce qui nous permet de vous proposer des produits au meilleur prix". C'est clair ça quand même. C'est limite citoyen un tel discours. A la sécu, ils devraient faire pareil : "si tu vas chez le médecin uniquement quand tu es vraiment malade, tes enfants connaîtront peut-être aussi les joies d'être soignés sans payer".

Ikéa. Si je pouvais trouver une femme aussi bien disposée, aussi réfléchie et aussi organisée que ce magasin, je l'épouserais. Mais aucune femme ne sera jamais Ikéa. Ca m'attriste. Et sinon, si tu sais pas quoi faire de ton dimanche, vas-y cours chez Ikéa, tu ne le regretteras pas. Ils devraient quand même m'embaucher dans leur service com' tellement je peux leur trouver des bons slogans pour attirer le client.

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02 avril 2009

Perdre et comprendre

Message : si tu es dépression ne lis pas, car vu le titre, je sens que ça va pas être super joyeux. Viens pas chialer après.

Y'a des moments où tu traverses des crises existentielles. Je ne te parle du petit coup de déprime d'une heure. Je te parle de semaines, de mois. Ta vie n'est pas mal faite, tu n'as pas à te plaindre et pourtant. Tu n'arrives pas à mettre les mots dessus, tu n'arrives pas à savoir ce qui ne va pas. Tu n'es pas là. Tu te sens profondément triste, incroyablement lasse. Ce qui est le plus énervant c'est de ne pas identifier le mal car, du coup, tu ne sais pas contre quoi lutter. Non, tu n'es pas en dépression. Tu changes tout simplement. Tu connais ce moment ? Tu sais, celui où tu sens que tu ne seras plus jamais la même, que tu es dans un tournant. Tu médites pour savoir quels choix tu vas faire, qui tu vas devenir.

Tu trouves cette période pénible. Tu aimerais ne rien ressentir. Plus jamais. Comme ça, tu ne connaîtras plus la douleur, l'absence. La vie c'est chiant, la vie c'est nul. Tu te le répètes.
Tu regardes les objets. Ultimes souvenirs des vies disparues. Tu trouves ces choses bien ironiques. Pourquoi ces trucs sans vie, sans âme, sans coeur survivent ? Pourquoi est-ce que ce sont les choses qui restent et pas les êtres ? Pourquoi ce sont ces objets qui deviennent le réceptacle de ton amour ? Tu te dis que ça sert à rien de s'attacher aux gens. Ca fait trop mal quand tu les perds. Alors tu penses te détacher de tout. C'est parfait. Comme ça, tu souffriras plus. C'est un choix à faire. Ne pas s'investir, se désengager pour que tout glisse sur toi sans t'atteindre. Devenir toi aussi une chose. Dure. Froide.

Oui mais seulement voilà, tu n'as pas envie de devenir cela même si c'est plus simple. Tu te trouves déjà suffisamment cynique, tu n'as pas envie de devenir, en plus, insensible. Tu veux trouver la force de croire que la vie est magnifique. Ok, ton esprit n'y est pas mais à force tu vas bien arriver à l'en convaincre. En attendant, tu restes dans l'expectative. Tu attends que tes peines passent. Elles finiront bien par s'en aller ces connes. Que vont-elles te laisser ? Non, la vraie question, en fait, c'est que veux-tu qu'elles te laissent ? Pas des regrets, pas des remords. Tu veux qu'elles t'éduquent. Qu'elles t'apprennent que la vie est réellement belle, qu'il faut savoir l'apprécier. Tu veux qu'elles te montrent que chaque instant passé avec les gens que tu aimes ne sont pas anodins. Ils ne durent pas toujours. Oui, c'est ça que tu souhaites, que tes tristesses te soient utiles pour goûter encore plus tes joies.

T'as remarqué notre faculté d'oublier que les bons moments ne sont pas éternels ? C'est quand tu vis quelque chose de douloureux que tu réalises comme tout est fragile. Tu t'aperçois alors que tu donnes trop d'importance pour des petits soucis futiles, quotidiens mais sans importance. Bien, alors ce que tu désires par dessus tout c'est de ne jamais oublier ça. Tu veux te rappeler que la vie est éphémère, que demain est incertain et que ce qui compte c'est de profiter d'aujourd'hui et des personnes qui te sont chères. Quand tu auras compris et accepté cette leçon de vie, là, tu deviendras celle que tu veux être. Bien entendu, quand tu seras enfin celle là, tu oublieras petit à petit ta leçon, jusqu'à la prochaine fois car prochaine il y aura et, comme tout le monde te le martèle, c'est ça la vie.

Allez, on va pas se laisser abattre, la prochaine fois je te parle d'Ikéa car, des fois, le monde semble très bien fait.

Posté par Ginette parfaite à 23:10 - Vue sur le monde - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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