29 octobre 2009
Vulnérabilité
T'as remarqué que c'est quasiment l'hiver. Il fait nuit à 17h30 ! Tristesse.
Tu vois, c'est la période de l'année où je me sens vulnérable. Il fait frais, il fait gris, tout ceci ne me donne qu'une envie : me blottir à côté d'un corps chaud. Ne plus bouger. Rester dans mon lit, nue de préférence, avec une jolie demoiselle, nue aussi, c'est mieux ainsi.
Je sens bien que je suis tendue, que je ne pense quasiment qu'à ça. T'as pu te rendre compte que le monde est mal fait et que donc, de fille nue dans mon lit il n'y a point. Attends, je regarde, juste par acquis de conscience, on sait jamais...non, non, non, mon lit n'attend que moi. Désespoir.
Je vois bien que mon ordi me fait de l'oeil. Il me murmure de me connecter. Je lutte. Non, je n'irai pas sur Gayvox. Là tu te dis que je suis vraiment trop conne et c'est pas faux. Mais il y a une logique, bien à moi. Je sais que je suis dans mon état limite, par conséquent je m'abstiens. En effet, quand je suis comme ça, je perds toute lucidité, toute objectivité. Mauvais. C'est pas bon. Ca signifie que la première qui me dit bonsoir, je peux jeter mon dévolu sur elle. Danger. Qu'elle soit belle ou pas, conne ou pas, tarée ou pas, paumée ou pas, il est possible que mon envie de chaleur, m'amène à faire des mauvais choix. Tu comprends sans doute pourquoi j'hiberne avec moi-même. Je ne souhaite pas faire n'importe quoi avec n'importe qui.
Puis, bon, faut dire qu'hier un regard m'a bouleversée. Ca ne mènera à rien mais quand même. L'intensité du moment mérite d'être racontée.
Je rentrais chez moi. Il était minuit. Je vois une jeune fille qui entre dans mon immeuble. De dos, je pense que c'est une ado. Elle a une veste en cuir, un slim, des cheveux longs attachés un peu n'importe comment. Bref, je crois avoir à faire à une "teenager". Ouais, parfois, je peux te sortir un mot anglais !
Je la rejoins dans le hall, en attendant l'ascenseur je ne prête pas attention à elle. Nous montons. Elle va au 3e et moi au 7. Elle me demande si mon pass pour entrer dans l'immeuble fonctionne bien. Je lui réponds oui en cherchant mes clés dans mon sac et sans la regarder. Elle me dit que le sien ne fonctionne pas. Je réponds par un "ah" en cherchant toujours mes clés. Nous arrivons à son étage. Les portes s'ouvrent. Je relève la tête, elle se tourne vers moi. Je constate alors que ce n'est pas du tout une ado. Elle doit avoir mon âge. Elle a un regard magnifique. Elle est brune et tu sais que j'ai un faible pour les brunes. Ses yeux bleus fixent les miens et avec un charmant sourire elle me souhaite une bonne nuit. Le temps que je me remette de ma charmante surprise et que je bredouille un lamentable bonsoir, les portes se sont refermées.
Alors, je n'ai pas du tout de gaydar donc je suis incapable de te dire si cette demoiselle est potentiellement homo. Ce n'est pas ça l'important. C'est son regard. Il était franc et doux, il m'a transpercée et ça, c'est pas tous les jours que ça arrive. En ouvrant la porte de chez moi, je chantonnais "elle a les yeux revolver, elle a le regard qui tue blablabla" et c'est en ayant Marc Lavoine dans la tête que j'ai pensé ça y est, je suis encore amoureuse et c'est aussi à ce moment que je me suis dit que j'étais vraiment dans un état de manque pitoyable et donc une proie facile.
Tu comprends...ou pas (moi je me comprends c'est le principal) pourquoi je décide de me cloîtrer chez moi sans me connecter sur Gayvox. Je suis capable de tomber amoureuse d'un simple pseudo et peu importe qui est derrière ! Ouais, je sais, ça fait peur.
22 octobre 2009
Défouloir
Je tape. Avec toute ma force et toute ma rage. Je transpire, exulte, souffle. Je tends les bras, plie les jambes, étire mon corps entier. Je frappe le volant avec toute ma force.
Oui, je joue au badminton une fois par semaine. Entre 20 et 22h. Je me vide. Je m’exténue. J’ai envie de me fatiguer, d’éprouver mes muscles. Ensuite, je rentre à pieds. De grandes enjambées rapides. The Do, Patrice, Camille, Wax Taylor, ACDC… dans les oreilles. Le matin, mes jambes et mes bras demandent une trêve que je ne leur accorde pas.
Pas de pensées. Je privilégie le corps. Une douleur saine, bienfaisante. Je prends des résolutions, j’enterre des déceptions, je rature des ambitions. Je me défoule pour faire le point. Puisque mes larmes ne coulent pas, je laisse la sueur évaporer mes doutes, mes peurs, mes tristesses.
Je m’épuise pour me retrouver. Je m’apaise. C’est comme si je me libérais. Je tente de tuer le peu de naïveté qu’il me reste. Je fais le ménage, le tri. Je ne recycle pas. J’essaie de chasser mes incompréhensions. Je veux balayer tout ce qui me dégoûte : ces paroles insensées, ces actes irraisonnés.
Me réécouter, ne pas tergiverser. Il me faut reprendre ma route, celle que je veux tracer seule. Je suis restée quelques mois sur le bas-côté, ne sachant plus dans quelle direction aller. Ou plutôt si, je savais, mais je n’en avais pas l’énergie. J’ai entendu mes souffrances, je les ai comprises. J’en ai fait le tour, je crois. Elles décident peu à peu de m’abandonner. Terminé les sourires forcés, les yeux dans le vague à regarder le plafond pour tenter de trouver des réponses à des questions qui n’en ont pas.
J’admets qu’il est temps de laisser les peines derrière moi. Une page se tourne. J’apprends, je grandis et je m’endurcis aussi, encore un peu plus.
15 octobre 2009
Il était gros
Que dis-je ! ENORME ! Je pensais même que c'était un faux. Impressionnant. Et puis, elles étaient belles aussi les 3 brunes qui dansaient. Et cet homme avec ses propos si justes...
Je suis entrée dans le monde de l'image, j'ai cru à quelques mirages. Ta gueule, je tente de me faire poète alors même si la rime est pauvre, tu fais comme si c'était de la grande prose.
Tu comprends rien de ce que je te dis. C'est bien le but mon amour. Allez, redevenons terre à terre et explicite. J'étais au salon de la photo. Un vrai plaisir. Les exposants voient les choses en grand, ils sont là pour vendre des petits appareils qui coûtent une fortune alors ils ne lésinent pas sur les coûts. Des grands écrans partout, de belles affiches, des vitrines qui exposent avec goût des reflex plus beaux les uns que les autres. Même si tu connais rien à la photo, que tu pratiques pas, comme moi, t'as envie d'acheter ces bijoux de technologie.
Tu entends de la musique. Beyoncé. Tu vas voir et là 3 jolies brunes se trémoussent. Elles dansent bien, le corset est serré faisant sortir les seins, la jupe est très courte surtout quand elles se penchent. Les flashs crépitent, "Pan taxe" est content, ça attire les gens sur leur stand. J'ai même applaudi car, quand même, c'était beau à voir.
Oh, un autre attroupement. Pourquoi ? J'y vais et là je vois une jolie fille habillée en tarzan qui pose avec un gros python. Elle maîtrise, elle est à l'aise. Je vois derrière elle un très beau perroquet qui, sûrement jaloux de l'attention portée au serpent, pousse des cris. Une chose attire mon regard. Ca bouge pas, c'est gros, ça doit être empaillé. Non. Il se tourne ouvre des gros yeux ronds. Orange. Captivant. Un hibou. Alors, c'est énorme, vraiment. Des serres à faire rougir un aigle royal. Un regard intense. Un mouvement de tête de gauche à droite puis de droite à gauche qui le rend un peu con. Mais, tout de même, magnifique ! "Lu mixe" est ravi, le décor bestial ça attire aussi.
Passons ces frivolités veux-tu et parlons de Raymond. Raymond Depardon. Comment tu connais pas ?! Mais quelle inculte tu fais ! Non, je déconne, oh ça va. Moi non plus, avant aujourd'hui je ne savais pas qui il était. Est-ce une honte ou pas ? On s'en fout ! Le principal c'est que maintenant je le connais. C'est un photographe réputé. Il est aussi cinéaste. Je l'ai entendu parler de son métier, il est humble. J'ai beaucoup aimé ce qu'il a dit, j'ai été touché. C'est un homme, comment dit-on ? ah oui ! d'un certain âge. Je peux être politiquement correct quand je veux, tu remarques j'espère. J'aime beaucoup ses photos de la France, de la Bretagne. Il a aussi beaucoup travaillé en Afrique. Il a dit, qu'aujourd'hui, avec les très bons appareils, on pouvait vraiment faire de jolies photos, en sortir une qui rend l'image telle qu'on la voit et que du coup, grâce à ça, quand il allait faire des photos en Afrique, il ne rajoutait pas de la misère à la misère. Il l'a expliqué mieux que je ne suis en train de le faire et c'est quelque chose qui a marqué mon petit esprit limité. Il a aussi donné son avis sur son art, une vision claire, simple et personnelle : la photo c'est le temps. Ca le retient, ça le fige, ça en témoigne. C'est simple, efficace. Tu vois, je suis frustrée en ce moment même car je peux pas te redonner l'impression que m'a fait cet homme. Il avait beaucoup de passion, de recul, de sagesse aussi, je pense. Que veux-tu, il m'a émue cet homme.
Bon, j'ai aussi assisté à une 2e conférence d'un autre grand photographe mais il se la racontait un peu, du coup, j'en parle pas, je le cite pas. Etre sur mon blog ça se mérite, je mélange pas les tampax et les serviettes (ahahahahah toujours l'humour raffiné, ça me perdra). Bon, c'est pas tout ça mais faut que je te laisse, on va honorer une dernière fois l'appart de Calorine et rien que d'y penser limite si j'ai pas une petite larme de nostalgie qui coule.
06 octobre 2009
Dossier
Oui, ce soir, ouvrons ensemble un dossier. Du lourd, du bien lourd. Lequel est-ce ? Attends, je regarde. Vévé n°347. Vévé c'est mon ex. n°347 ça correspond à son énième histoire de coeur compliquée.
Vévé n'aime pas la lesbienne facile. Elle préfère, en général, les hétéros qu'elle détourne pour pleurer 6 mois après, en me disant qu'elle ne baise plus car sa meuf doit préférer les hommes. Bien. Là, on a de la chance, elle a tapé dans la lesbienne. Y'a du mieux me diras-tu ! Ne t'enflamme pas ! Nous parlons de Vévé.
Vévé, qui, après sa dernière rupture, a quand même couché avec un mec rencontré en boîte histoire de tuer son 1% de doute sur sa sexualité. Oui, ce sont ses propos et ma foi, ils ne sont pas dénués de sens. Bon, j'ai gueulé un peu, pas parce qu'elle a couché avec un homme, mais parce que c'était un inconnu et que donc ça aurait pu être un calvaire. Il n'en fut rien heureusement et Vévé est désormais sûre à 100% qu'elle est lesbienne. Ca c'est fait.
Tu me diras, moi aussi j'ai ramené des inconnues chez moi, ce à quoi je réponds que c'était des femmes et même si j'ai l'air d'une crevette, il y a peu de chance qu'une fille arrive à me maîtriser par la force, un homme si.
Histoire de s'assurer qu'elle était vraiment homo, elle recoucha avec son ex : Dédé. Là, j'ai pas gueulé, je le savais avant elle qu'elle tirerait ce coup facile (oui, je m'exprime toujours avec élégance, c'est bien connu). Quelques jours de répit. Jusqu'à ce texto : "et merde, je crois que je suis amoureuse". J'étais au boulot. J'ai lu. J'ai soupiré. Mon dieu ! Quel spécimen a-t-elle choisi cette fois -ci ?
Une jeune infirmière stagiaire. Ca donne envie. Qui est homo. Ca donne encore plus envie, limite si j'aimerais pas être à la place de Vévé. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais nous ne sommes pas Candide ! Bah non.
Alors la petite infirmière a une copine. Ca se complique. Depuis 8 mois. Jusque là, j'dis rien. Ca arrive d'être avec une femme et de la plaquer pour une autre. Seulement, la demoiselle passe des nuits chez mon ex, elles se font des petits bisous, des câlins chastes. En écoutant ça, j'ai froncé les sourcils et j'ai demandé à Vévé : "et sa meuf ? Elle y pense". Bien sûr que non ! Visiblement y'avait pas de problème dans ce comportement ambigu. Forcément, j'ai donc conclu que la jeune infirmière je l'aimais pas. Ca a duré 2, 3 semaines. Puis, récemment, la demoiselle a réalisé qu'elle avait quand même une copine. Bien, elle a tout de même une conscience. J'y croyais plus ! Donc, elle passe toujours des nuits avec mon ex mais terminé les petits bisous et tout. Y'a quand même les textos, environ 258 par jour.
Elle n'est pas amoureuse de sa copine. Elle l'a dit. Dans ce cas, j'ai demandé pourquoi elle restait avec. Tout simplement parce que la demoiselle a enchaîné pas mal de filles et que là, elle aimerait être sage. Mon dieu ! Encore une qui est d'une complexité désarmante. Elle a le droit de se taper une multitude de filles si c'est ça qui lui convient. Elle a pas besoin de rester avec une fille qu'elle n'aime pas et de passer des nuits avec une autre.
Bref.
Tu vois, c'est pas gagné. Vévé ne sait plus trop quoi penser et moi non plus. Nous avons de longs soupirs au téléphone pour savoir si Vévé doit être plus entreprenante. C'est délicat. Je suis le dossier avec beaucoup d'intérêt. Je vois bien que mon ex tombe amoureuse. Elle s'en défend mais je la connais mieux qu'elle-même ne se connaît (putain, elle m'a fait mal à la tête cette phrase). Elle adore jouer et là, elle est tombée sur une grande joueuse. La question fondamentale, la problématique évidente dans cette histoire est de savoir ce que souhaite cette fille. Veut-elle simplement allumer Vévé ? Cherche-t-elle uniquement à plaire ou à séduire ? Ou est-elle attirée réellement par Vévé ? A-t-elle des sentiments ? Désire-t-elle un coup d'un soir ou le début d'une histoire ? Toutes ces questions sont, pour le moment, sans réponse mais ça peut changer d'une minute à l'autre. Le dossier Vévé n°357 n'est donc pas clos ! Régulièrement j'envoie un texto à mon ex pour savoir si elle a couché. Oui, cette saloperie serait capable d'oublier de me tenir au courant d'un tel événement, je dois donc être vigilante.
C'est pas simple les filles, l'amour, le sexe. Ah, en parlant de ça, la jeune infirmière stagiaire a dit qu'elle n'aimait pas le sexe. Quand j'ai entendu ça, je me suis dit qu'on avait touché le fond. Vévé a encore une fois jeté son dévolu sur un cas. Je n'ai pas d'objection. Je lui ai dit ce que j'en pensais, à savoir une histoire compliquée et pas forcément épanouissante, mais comme d'habitude elle ne m'écoute pas et elle a bien raison. Après tout, cette fille la rend heureuse pour l'instant, elle obsède son esprit et sûrement un peu son coeur et c'est tout ce qui compte. Si je pouvais ne pas ouvrir le dossier Vévé n°358 : la-déprime-à-cause-de-l'infirmière-stagiaire-qui-avait-une-copine-et-n'aimait-pas-le-sexe, j'en serais bien aise.
